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Il est enfermé au centre de rétention de Coquelles près de Calais. Arrivé mineur en France, il a été laissé sans suivi et sans soin par l’Aide Sociale à l’Enfance, alors qu’il était en état de stress post-traumatique. Son parcours d’errance l’a conduit deux fois en prison avant que ses troubles psychiatriques soient diagnostiqués et qu’il soit placé sous tutelle. Il a déposé une demande d’asile et son recours devant la Cour Nationale du Droit d’asile est en cours. Malgré l’avis du Médecins de l’Agence Régionale de Santé, il risque d’être expulsé demain lundi 24 août vers l’Afghanistan.

Merci de signer et de faire largement circuler la pétition :

http://jesigne.fr/non-a-l-expulsion-de-mustafa–refugie–handicape-mental/aftersign#petition

 

« C’est l’histoire de Mustafa, Mineur Isolé Etranger d’origine Afghane, orphelin depuis l’âge de 4 ans, élevé dans un orphelinat de Téhéran (Iran) jusqu’à l’âge de 12, et qui arrive en 2010 à l’âge  de 15 ans sur le territoire français au terme d’un parcours peuplé d’agressions multiples et graves, dans un état psychologique très perturbé de stress post-traumatique.

Les associations qui le prennent en charge à son arrivée  s’occupent bien de lui et le mettent à l’abri d’abord à l’hôtel, puis dans un foyer puisque l’hôtel n’est pas suffisamment contenant et sécurisant pour lui dans son état.

Lorsqu’il est pris en charge par l’Aide Sociale à Enfance par  décision du juge, à l’âge de 16 ans, il est retiré du foyer où il progressait bien pour être laissé à l’hôtel livré à lui-même sans diagnostic, sans traitement, et sans suivi socio-éducatif.

Dans cette situation d’abandon à lui-même dans son Etat de  Stress Post Traumatique, alors qu’il est encore mineur, il a recours à l’alcool (qui est la principale comorbidité de l’ESPT ou PTSD en anglais), et tente d’embrasser une jeune fille en état d’ivresse, ce qui est qualifié d’agression sexuelle. Il est immédiatement déclaré majeur et incarcéré à Fleury-Merogis où il est violemment agressé par les autres prisonniers. Son état psychologique se détériore gravement.

Remis en liberté au bout de 6 mois fin 2011 pour être accueilli dans une famille amie, il ne pourra y rester longtemps et se retrouve encore une fois à la rue, mineur isolé étranger déclaré majeur, toujours livré à lui-même dans la plus grande errance sociale et psychologique, toujours en Etat de Stress Post Traumatique qui s’aggrave et s’avère être une schizophrénie.

Dans cet état d’abandon à lui-même en étant un malade  psychique toujours pas diagnostiqué ni traité, et un jour d’ébriété avancée, il tente de nouveau une relation amoureuse avec une jeune fille. Il est alors incarcéré pour 3 ans.

C’est au cours de cette deuxième incarcération qu’il est  hospitalisé en Unité Hospitalière de Soins Aménagés à Fleury les Aubray (nov-dec 2014) et diagnostiqué pour une Schizophrénie paranoïde. Le psychiatre demande pour lui une mise sous tutelle et prise en charge comme handicapé. Il reçoit à partir de ce moment-là un traitement médicamenteux approprié.

Quelques mois plus tard, lorsqu’il arrive au terme de sa  peine d’incarcération en juin 2015, se réunit autour de lui un petit groupe de personnes pour s’occuper de lui: famille d’accueil amie, éducateur et tutrice (ex-humanitaire) connaissant bien sa langue. Ensemble et avec tous les services concernés (SPIP, JAP, CMP) ils organisent pour lui toute une prise en charge médico-psycho-socio-éducative et un entourage bienveillant dans lequel il pourra exercer sa résilience, tout en respectant scrupuleusement son traitement. Un suivi thérapeutique en CMP avec un psychiatre est mis en place.

C’est au moment où ces conditions radicalement différentes  de bonne prise en charge sont enfin organisées qu’intervient pour lui ce qu’on appelle « la double peine » équivalent pour lui à une condamnation à mort en Afghanistan.

A cause de ses deux incarcérations, l’état français lui refuse l’asile en juin 2015 et procède à son éloignement du territoire, avec placement en Centre de Rétention Administrative à sa sortie de détention. Malgré la demande d’ARS ayant reçu un avis positif de l’ARS d’Ile de France, le recours déposé auprès de la CNDA au 21 Juillet, et malgré les conditions sécuritaires dégradées en Afghanistan, l’état français diligente son expulsion de façon très ferme.

Demain lundi 24 Août, Mustafa, malade psychique et incapable cognitivement de se débrouiller (demande de tutelle et de MDPH en cours), doit être renvoyé à 14h sans papiers en Afghanistan, pays où il n’a jamais vécu, où il n’a aucune famille ni groupe social pour l’accueillir, le protéger et l’aider à vivre. Il sera livré à lui-même et aux autorités, dans un état psychique délabré, dans un pays ravagé par la guerre et la misère, sans argent ni soutien social, et sans possibilité de poursuivre son traitement qui, s’il est éventuellement disponible quoique trafiqué, nécessite d’avoir les fonds suffisants pour se le procurer.

Il y a lieu de s’interroger sur l’applicabilité du Principe de Non Refoulement. Mustafa est effectivement en danger de mort s’il est expulsé vers l’Afghanistan.

Nous, éducateurs, travailleurs sociaux, militants pour le respect des droits humains, demandons à Monsieur Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’intérieur, de prendre sans délais les dispositions nécessaires pour ordonner de sursoir à l’exécution de la décision d’éloignement du territoire de Mustafa afin de réexaminer son dossier, et de lui délivrer un titre provisoire pour une admission exceptionnelle au séjour pour raisons humanitaires. »