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L’audience du 24 août, à laquelle participait par visioconférence Abdul Rahman Haroun depuis la prison où il est enfermé depuis qu’il a traversé à pied le Tunnel sous la Manche le 4 août en déjouant les contrôles, devait statuer sur son inculpation pour intrusion illégale selon une loi de 1861 sur les chemins de fer.

http://www.theguardian.com/uk-news/2015/aug/24/immigrant-alleged-walked-channel-tunnel-in-court

Contrairement aux trente demandeurs d’asile afghans dont l’expulsion a été suspendue par le juge ce même 24 août et qui étaient défendus par un cabinet d’avocats spécialisés, Abdul Rahman Haroun n’a eu droit qu’à un avocat commis d’office, et le traducteur le comprenais mal.

Le compte-rendu des membres du Kent Refugee Help présents au procès est édifiant :

« Abdul Rahman Haroun, qui est du Darfour, a été entendu au tribunal de Canterbury le lundi 24 août, mais n’était pas visible de la galerie publique où se trouvaient trois représentants de l’association Kent Refugee Help, dont une Soudanaise, Rana. Il n’y avait pas d’interprète qui parlait sa langue, donc Haroun et l’interprète officielle ont communiqué en arabe, alors que cette dernière a admis ne pas bien comprendre l’accent de Haroun. La militante soudanaise a critiqué la qualité de la traduction et l’interprète s’est même excusée auprès d’elle d’avoir été « incapable de faire un bon travail ».

Haroun a été inculpé d’ « intrusion illégale » selon une loi concernant les chemins de fer qui date de 1861. Lorsque le juge lui a demandé comment il plaidait, il a répondu apparemment d’abord « coupable » puis « non coupable », mais ce que le juge a finalement retenu n’est pas clair. Il a été maintenu en détention provisoire jusqu’au 4 janvier 2016.

L’avocat commis d’office a émis de brefs arguments et un article de loi, puis le juge a fixé les dates de remise des dossiers du ministère public et de la défense.

Rana, Kate et Sue, les membres de Kent Refugee Help ont confié une lettre pour Haroun à l’avocat. Il faut que soit Haroun qui leur demande de l’aide pour que l’association puisse intervenir, mais ils n’ont pas pu communiquer jusqu’ici par courrier. L’association ne sait pas s’il a pu demander l’asile. »

L’audience qui doit statuer sur le fond de l’affaire est prévue le 4 janvier 2016. D’ici-là, Abdul Rahman Haroun sera maintenu en détention. Qu’il soit finalement reconnu innocent, il n’en aura pas moins passé 5 mois en prison.

Enfermé pour avoir exercé son droit de quitter tout pays y compris le sien, garanti par l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Pour avoir réussi à traverser les grilles et les barbelés, déjoué la vigilance des policiers, des vigiles et des systèmes de sécurité qui empêchent les exilé-e-s de quitter une France qui ne veut pas d’eux.

 

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