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Hier dimanche, Manuel Valls a déclaré à l’université d’été du Parti socialiste que les migrants qui «fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis» et que les «migrants doivent être traités dignement, abrités, soignés».

http://www.nordlittoral.fr/faits-divers/valls-les-migrants-qui-fuient-la-guerre-les-ia0b0n238350

Lors de sa dernière visite à Calais, le 12 décembre 2013, alors qu’il était encore ministre de l’intérieur, et déjà dans le temps d’une campagne électorale (celle des municipales), Valls avait promis aux associations des diagnostics territoriaux autour des différents campements de la région et l’expérimentation de nouveaux lieux d’accueil (des « maisons des migrants »). Il n’y a ni diagnostic ni expérimentation (voir ici et ).

Même genre de déclaration maintenant, à la veille de sa venue à Calais.

Concrètement, va-t-il revenir sur la nouvelle loi sur l’asile qui vient d’être votée par le parlement, et qui précarise les demandeurs d’asile, réduit les garanties juridiques, les assigne à résidence pendant la durée de la procédure et facilite leur expulsion ?

http://www.acatfrance.fr/communique-de-presse/la-loi-de-reforme-de-lasile-promulguee-pour-le-meilleur-et-surtout-pour-le-pire

Va-t-il enterrer le rapport Arribaud – Vignon, publié le 2 juillet dernier, qui déconseille cyniquement de trop améliorer la condition des exilé-e-s pour éviter « l’appel d’air » ?

Va-t-il désavouer la déclaration du 20 août des ministres de l’intérieur français et britannique, qui prévoit comme réponse à la situation des exilé-e-s à Calais construction de nouvelles barrières, renforts policiers, renvoi vers le pays d’origine, et traite sous la rubrique « prise en charge des migrants » de mesures pour les personnes vulnérables et la systématisation des expulsions des demandeurs d’asile vers d’autres pays européens en vertu du règlement Dublin III ?

Va-t-il mobiliser en 48h les moyens qui le seraient en cas de catastrophe naturelle pour apporter le minimum d’hygiène et de dignité aux habitants du bidonville que l’État a créé sous pression policière sur une ancienne décharge publique en mars – avril dernier ?

Va-t-il prendre les mesures permettant de faire disparaître à brève échéance ce qui est devenu le plus grand bidonville de France en relogeant les habitants ?

Va-t-il mettre fin aux violences policières, maintes fois dénoncées et documentées (voir ici, ici, ici ou ) ?

Valls va raconter ce qui l’arrange. La réalité aura le dernier mot.