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L’annonce du premier ministre pour sa visite à Calais : l’implantation de 120 tentes pour accueillir 1500 exilé-e-s, sur le site du bidonville créé en mars – avril dernier. Coût : 25 millions d’euros.

Les travaux de terrassement qui auraient dû être faits avant que la police ne rabatte les exilé-e-s vers ce terrain qui se transforme en marécage dès que la pluie se fait abondante seraient faits seulement cet hiver.

Des tentes seraient installées en plein hiver pour le tiers des exilé-e-s présent-e-s actuellement sur le site. Rien n’est dit à propos de ce que deviendront les autres.

À la frontière de deux États de 60 millions d’habitants parmi les plus riches de la planète naîtrait ainsi un infra-camp de réfugié-e-s, des tentes en nombre insuffisant, à côté d’une plate-forme de service elle-même insuffisante, le centre Jules Ferry.

Le tout pour un coût exorbitant.

On se souvient de la précédente venue de Manuel Valls en décembre 2013 (voir ici et ), au cours de laquelle il avait promis des diagnostics de la situation et des maisons des migrants, rien n’était venu, sauf des expulsions parmi les plus violentes que Calais ait connu six mois plus tard.

On songe à la venue de Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, en mai dernier, dont le résultat avait été que la durée des douches au centre Jules Ferry était passée de 4 à 6 minutes.

On se souvient de la décision annoncée en juin dernier par deux ministres au sortir d’un conseil des ministres, d’installer deux points d’eau, trente toilettes chimiques et une ligne de réverbères dans le bidonville, pour plus de 3000 personnes qui y habitaient alors.

Image d’un État indigent et sans perspectives.

Mais pendant qu’on parle de ça, l’attention est détournée des violences policières, des nouveaux grillages, du démantèlement du droit d’asile, des tentatives parfois réussies d’expulsion vers le Soudan, l’Afghanistan, l’Érythrée, des morts à la frontière, des mineurs à la rue, de l’impasse dans laquelle le gouvernement tente d’enterrer les exilé-e-s à Calais.