Étiquettes

, , , ,

Après l’évacuation des deux campements d’exilés syriens de la place Henri Barbusse et du hangar Paul Devot, puis la destruction au bulldozer d’une partie du bidonville d’État, les habitants de deux autres campements du centre de Calais ont été expulsés.

Sous le auvent du BCMO (l’ancien Bureau Calaisiens de la Main d’Œuvre, qui était devenu une salle de sport avant d’être utilisé pour la mise à l’abri des exilé-e-s dans le cadre du plan grand froid) place de Norvège https://goo.gl/maps/GSKb8TH5u5u habitaient une dizaine de demandeurs d’asile sans hébergement. Ils ont été expulsés vers 15h. Aucune solution d’hébergement ne leur a été proposée, malgré l’obligation de l’État en matière d’accueil des demandeurs d’asile. Une partie des effets personnels ont été emmenés à la déchetterie. Le lieu faisait l’objet d’un jugement d’expulsion datée du 11 juin 2015 et signifiée le 2 juillet.

Une heure après l’évacuation, un homme est assis contre le mur, dans l’angle du auvent. Il souffre d’importants troubles psychiques. Il a déjà vécu plusieurs expulsions au cours des années qu’il a passées à Calais. Les équipes mobiles de psychiatrie ne se déplacent pas pour les « migrants », et aucune démarche de soin n’a pu être entamée faute de structure adaptée. D’habitude prostré, aujourd’hui il parle, parle, parle, de manière incohérente.

Vers 15h30, ce sont les exilés syriens qui habitent sous le porche de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, boulevard des Alliés https://goo.gl/maps/2rpgySVWehD2 , qui sont brutalement expulsés. La police arrive soudainement et bouscule tout le monde de manière rude. Une bénévole est arrêtée. La plus grande part des effets personnels partent à la déchetterie. Le lieu avait fait l’objet d’un jugement d’expulsion en même temps que le BCMO.

« J’ai tout perdu, mais je suis libre » dit l’un des habitants après son expulsion.

En une journée, les derniers campements du centre-ville ont été détruit, ainsi qu’une partie du bidonville d’État, qui ne peut plus être considéré comme un endroit protégé.

La pluie s’est mise à tomber.