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Les personnes qui voulaient voir dans l’annonce de l’accueil de réfugié-e-s syrien-ne-s par des pays de l’Union européenne comme la France ou le Royaume-uni le signe d’une inflexion des politiques migratoires reçoivent démenti sur démenti.

L’un d’entre eux vient de Calais, avec l’évacuation au cours de la journée d’hier des derniers campements du centre-ville et la destruction d’une partie du bidonville d’État (voir ici, ici et ), qui s’est constitué en mars – avril sous la pression de la police. Pour les femmes, les hommes et les enfants concerné-e-s, l’accueil de la France est ce bulldozer détruisant leur abri et leurs effets personnels. Deux jours après la plus grande manifestation de solidarité avec les exilé-e-s que Calais ait connu, le gouvernement répond par la violence et la violation de la loi (destruction des effets personnels, expulsion sans procédure légale pour trois lieux sur les cinq, absence de propositions de relogement, arrestations arbitraires). Au moment où nous écrivons, la police s’acharne sur une personne souffrant de troubles mentaux et qui est revenue sur l’emplacement du campement dont elle a été expulsée.

Ces expulsions succèdent à celles des campements parisiens cet été. Là, si des solutions de relogement plus ou moins satisfaisantes ont été proposées aux habitant-e-s des campements, les nouveaux et nouvelles arrivant-e-s se retrouvent dans une situation encore plus précaire.

Les murs se multiplient aux frontières de l’Europe. Frontières extérieures, le mur entre la Hongrie et la Serbie succédant au mur entre la Bulgarie et la Turquie. Frontières intérieures, entre la Hongrie et la Roumanie, et multiplication des barrières à la frontière britannique, sur le sol français. Les contrôles sont rétablis à certaines frontières intérieures à l’Espace Schengen. Aux contrôles au faciès mis en place par la France à sa frontière avec l’Italie, succèdent ceux mis en place par l’Allemagne, l’Autriche, d’autres pays devraient suivre. Des moyens militaire sont déployés pour bloquer certaines populations à la frontière d’abord par la Bulgarie, puis aujourd’hui par la Hongrie et l’Autriche, comme en Méditerranée par l’Union européenne sous couvert de lutte contre les « bateaux de passeurs ». Les témoignages qui viennent de ces différentes frontières montrent la violence qui y est exercée sur les personnes qui viennent chercher un avenir en Europe.

Les effets d’annonce masquent donc un durcissement des politiques migratoires. Et il ne suffit plus de dire « refugees welcome », il faut expliciter comment on y arrive.