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25 septembre, début d’après-midi, bidonville d’État aux marges de Calais. Une marche des habitants était annoncée vers le centre de Calais. Dans les faits, chacun vaque à ses occupations, aller chercher de l’eau, défricher un espace dans les buissons épineux, construire une cabane, faire la queue aux différentes distributions de nourriture ou autres quelque part dans le campement. Des nuages de fumée s’élèvent au-dessus de tas de détritus qu’on brûle : à défaut de gestion des déchets, on fait avec les moyens du bord.

Un ballet de véhicules, voitures, utilitaires de location ou au logo d’une association, passe par les chemins, obligeant les habitants à s’écarter. Contraste entre ceux qui sont dans la société des « in », assis dans leur voiture, et les « out », qui font la queue pour manger et s’écartent devant les voitures. Difficile aussi de traverser le bidonville sans croiser une caméra ou l’objectif d’un appareil photo professionnel : le bidonville est un lieu où l’on vient prendre des images.

La marche de la CISPM (Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants), en soutien aux exilé-e-s de Calais, est elle bien partie de devant le CRA (Centre de Rétention Administrative) de Coquelles, pour traverser le centre-ville d’un pas vif. Quelques insultes racistes, mais aussi des signes de solidarité, témoignant des contrastes qui partagent la population calaisienne.

Arrivée au bidonville vers 17h30. Un groupe d’exilé-e-s accueille la marche. Assez vite, le cri de protestation « No jungle ! No jungle », le refus d’être parqué-e-s là dans des conditions indignes. Un mouvement se fait vers l’autoroute, repoussé par les CRS. La rage des expulsé-e-s de lundi dernier s’exprime là, mais ne suffit pas à faire une stratégie d’action. La marche se continue à travers le bidonville. Stupéfaction de la part des personnes qui découvrent le bidonville. Retour à l’entrée. Des discussions s’engagent. À la tombée de la nuit, de petits groupes d’exilé-e-s passent et s’éloignent pour aller tenter leur chance vers l’Angleterre. L’avenir dira si une graine a été semée.

 

CISPM