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La préfète du Pas-de-Calais vient d’annoncer que le nombre d’habitant-e-s du bidonville créé sous la pression des autorités atteindrait maintenant les 6000 personnes. Elle annonce également un doublement en à peine un mois.

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-selon-la-prefete-le-camp-ia33b48581n3111284

L’information concernant le nombre d’habitant-e-s est plausible, autant qu’on puisse l’évaluer. Par contre, on était déjà autour de 3000 habitant-e-s en juin, donc le doublement s’est fait plus progressivement, tout au long de l’été. Le passage est plus difficile, mais le nombre de demandeurs d’asile et de personnes ayant obtenu le statut de réfugié qui sont laissées là sans perspective de logement, est aussi beaucoup plus important.

Pourquoi cette dramatisation, alors que la préfète annonce que l’État ne fera rien de plus que ce qui était prévu – augmenter la capacité de mise à l’abri des femmes et enfants en deux étapes au cours de l’automne, de manière insuffisante, en ajoutant de nouveaux modulaires alors que des bâtiments de l’ancien centre de vacances Jules ferry restent vides; l’ouverture d’un hangar au niveau 2 du plan grand froid; l’aménagement de containers pour 1500 personnes, c’est-à-dire avec une capacité insuffisante ?

En même temps, l’Agence France Presse révèle que le bidonville est sur un terrain classé d’une part en zone à risque en raison du voisinage d’usines chimiques classées SEVESO, d’autre part en zone sensible du point de vue de la faune et de la flore, et de ce fait non constructible.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/la-jungle-de-calais-majoritairement-situee-en-zone-seveso-833075.html

Tant qu’il s’agit d’un bidonville « toléré » par les autorités, ça témoigne simplement du mépris de celles-ci pour les personnes contraintes de vivre là, et pour l’équilibre des écosystèmes. Navrant, mais pas surprenant.

Mais quand il s’agit de travaux de terrassement et de construction par les autorités elles-mêmes, il y a quand même des lois, des règles d’urbanismes, qu’elles sont sensées respecter.

Tout cela donne donc un grand sentiment d’improvisation. Les autorités n’étaient pas sensées ignorer les plans d’urbanisme et de prévention des risques technologiques lorsqu’elles ont contraint les exilé-e-s à se concentrer sur ce terrain. Après, dans leur volonté d’expulser les exilé-e-s de la ville et de les concentrer dans un seul endroit, en regroupant à proximité un certain nombre de services jusqu’alors dispersés (repas, douches, mise à l’abri des femmes), elles n’avaient pas forcément tant de sites à disposition.

Mais un terrain moitié marécageux, moitié sur une ancienne décharge, classé à risque à cause du voisinage d’usines SEVESO, classé zone naturelle sensible – et aucune perspective sérieuse pour les 6000 personnes qui sont là à l’approche de l’hiver : ça commence à faire beaucoup.

Et s’il est exact qu’une partie du terrain est propriété du conseil régional, qui risque de passer au Front national aux élections de décembre…

Quelqu’un a-t-il une idée d’où ça va tout ça ?

 

Pentax Digital Camera

Pentax Digital CameraMars – avril 2015, la grande majorité des exilé-e-s partent s’installer sur le site actuel sous la pression de la police. Et maintenant ?