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Automne 2013, d’abord page facebook, puis groupe organisant des manifestations, Savons Calais s’affiche anti-migrant-e-s et contre ceux et celles qui les soutiennent. Le groupe se veut représentatif du ras-le-bol d’une partie de la population.

L’attaque du squat de Coulogne en février 2014 montre le vrai visage de ce groupe. Rassemblement une semaine durant devant la maison occupée, caillassage de la façade, jet de cocktails Molotov, menaces de mort et de viol, tentatives d’intrusion nocturne. L’enquête journalistique montre que le leader du groupe est impliqué dans les milieux néo-nazis français.

Vous pouvez télécharger la revue de presse ici.

La police et la préfecture, elles, n’interviennent pas sous prétexte qu’il n’y aurait pas de trouble à l’ordre public. Sauvons Calais est bien pratique pour intimider les militant-e-s qui ouvrent des squats en solidarité avec les exilé-e-s.

La manifestation du 7 septembre 2014, devant l’hôtel de ville, au cours de laquelle des dirigeants de l’extrême-droite néo-fasciste interviennent, confirme l’identité politique du groupe.

Une autre page facebook se crée alors, sensée représenter, elle vraiment, le ras-le-bol des Calaisiens. Calaisiens en colère rassemble effectivement plus largement des personnes pas réellement politisée. Des militants du Front national vont d’un groupe et d’une manifestation à l’autre.

31 octobre 2015, deuxième manifestation des Calaisiens en colère. Environs 800 personnes, le double de leur première manifestation, un mois plus tôt. Pas de message, sauf qu’on est en colère, le mot « migrants » ou quoi que ce soit qui s’y rapporte ne figure pas sur le tract d’appel. Mais tout le monde sait ce dont il s’agit. Mais on ne le dit pas. Ambiguïté. Une manifestation populaire, toutes générations confondues. On pourrait croire un premier mai unitaire, dans une ville ouvrière, aux premiers beaux jours, on y va en famille.

https://www.youtube.com/watch?v=VCdfgXPoWDU

8 novembre 2015, beaucoup moins de monde cette fois, à l’appel de Sauvons Calais et du Parti pour la France. Une cinquantaine de personnes, beaucoup plus typées, beaucoup plus agressives. On brûle un coran, on fait des discours sur le génocide de la race blanche qui aurait commencé. L’envie d’en découdre physiquement affleure assez vite.

D’un côté du cordon de police les manifestants, de l’autre des contre-manifestants. Quand des provocations viennent des manifestants d’extrême-droite, les policiers les remettent à leur place fermement. Quand elles viennent des contre-manifestants, les personnes sont arrêtées et emmenées menottées au commissariat, sans que les motifs de l’arrestation ou la proportionnalité de l’usage des menottes soient très clairs. Il y a des gens qu’on éduque, et il y a des gens qu’on mate, il y a bien deux humanités différentes.

Et puis ces manifestants d’extrême-droite d’aujourd’hui seront peut-être les patrons demain, et on ne déplaît pas à ses patrons. En tout cas, eux se sentent sur la route vers le pouvoir, et rien ne nous dit plus de quoi l’avenir politique sera fait.

Et pour toute personne qui travaille dans la fonction publique, ça fait quoi de penser que ce seront peut-être eux les patrons, demain ?

 

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