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Des habitant-e-s du bidonville de Calais, le Secours catholique et Médecins du Monde avaient saisit le tribunal administratif de Lille pour obtenir des mesures d’urgence pour faire cesser un certain nombre de violations de leurs droits. Le tribunal leur avait donné gain de cause et avait ordonné des mesures a minima : des points d’eau et des toilettes supplémentaires, une collecte des déchets et un nettoyage du site, des accès pour les secours, et un recensement des mineurs en vue de saisir l’Aide Sociale à l’Enfance.

Des mesures insuffisantes pour faire cesser la situation scandaleuse qu’est l’existence de son bidonville, mais permettant d’y apporter un minimum de salubrité. Et un premier pas pour trouver une réponse à la situation des centaines de mineurs habitant le bidonville.

L’État a d’abord réagit en disant que ces mesures étaient de toute façon prévues.

Il a ensuite, le 12 novembre, fait appel de la décision du tribunal administratif, arguant qu’il avait déjà satisfait à ses obligations vis-à-vis des habitant-e-s du bidonville de Calais, et qu’il n’avait aucune obligation légale à faire plus.

Vous pouvez télécharger le mémoire en appel du ministère de l’intérieur ici.

Derrière la situation particulière du bidonville de Calais, le gouvernement tente de faire avaliser par la justice qu’il n’a pas d’obligations vis-à-vis de situation de détresse sociale criante, et que l’action qu’il pourra mener ne peut dépendre que de son bon vouloir.

Mais si l’État n’a plus d’obligations en terme de solidarité et n’a pas pour mission de faire cesser des situations assimilables à des traitements inhumains et dégradants, pourquoi et pour qui payons-nous des impôts ?