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Depuis plus d’un mois, le déguerpissement des habitants du campement de Téteghem, pour reprendre une expression utilisée outre-mer, était commencé. De petites partie du campement étaient successivement détruites, les habitants qui n’avaient pas eu le temps de s’enfuir étaient arrêtés, certains envoyés dans des centres de rétention aux quatre coins de la France, pour compléter les charretées issues des rafles de Calais. En parallèle, une opération de promotion de la demande d’asile en France était lancée.

https://goo.gl/maps/4mGBD8BApgz

La fermeture officielle a donc eu lieu aujourd’hui, c’est-à-dire un déploiement important de police, et la destruction et le démontage des habitats. Les habitants ont été emmenés en bus vers des lieux de relogement. C’est mieux que rien, c’est mieux que la rue, mais ce n’est pas forcément porteur d’avenir.

http://www.lavoixdunord.fr/region/le-demantelement-de-la-jungle-de-teteghem-en-quatre-ia17b47622n3169101

La circulaire du 26 août 2012 propose une méthode pour le démantèlement des bidonvilles, et prévoit une concertation en amont avec les personnes concernées pour envisager avec elles des solutions d’avenir. Il ne s’agit pas de stocker des corps, mais de prendre en compte des personnes.

Pour ce qui est de Téteghem, les personnes qui veulent aller au Royaume-uni vont revenir, pas forcément à Téteghem même, mais à Calais, à Grande-Synthe, au sud-ouest de Dunkerque, ou dans un autre lieu.

Le campement de Téteghem s’était créé près d’une aire d’autoroute, qui est maintenant fermée depuis plusieurs années. Le passage se fait donc avec la complicité de chauffeurs qui s’arrêtent sur la bande d’arrêt d’urgence à proximité du campement, ou en emmenant les personnes des parkings en amont sur les autoroutes, notamment en Belgique, pour monter dans des camions qui vont vers Calais et le Royaume-uni. Le campement n’est donc pas lié à Téteghem, il peut se recréer ailleurs, et comme le démantèlement est annoncé depuis plusieurs semaines, la réorganisation du passage est probablement prête à se mettre en place.

À part la violence pour les personnes de la destruction de leur lieu de vie précaire, et la rupture du lien avec les solidarités associatives qui les accompagnaient, l’opération n’a donc pas de résultat. Mais violence et mise à l’écart des personnes, est-ce que ce n’est pas l’orientation de la politique actuelle ?

 

Camp Téteghem 2015-10-01 léger1er octobre 2015, une partie du campement de Téteghem saccagé par la police. Photo d’un bénévole du Dunkerquois.