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Les attentats du 13 novembre à Paris et ceux de Beyrouth, Bamako, Saint-Denis et ailleurs questionnent profondément la situation que nous vivons à Calais et à la frontière britannique.

Le ministre de l’intérieur vient à Calais le 21 octobre, et annonce le déploiement dès le lendemain de 460 policiers et gendarmes. Des exilé-e-s sont arrêté-e-s chaque jour et envoyé-e-s par car ou par avions dans des centres de rétention aux quatre coins de la France, pour être libéré-e-s après cinq jours et remplacé-e-s par d’autres. Un hélicoptère survole pendant des heures le bidonville de Calais ou le périmètre du Tunnel sous la Manche, de jour ou de nuit.

Une telle débauche de moyens se justifie-t-elle ? Est-ce là la priorité s’il s’agit d’assurer la sécurité des personnes en France ?

À Calais (voir ici, ici, ici et ), Antibes ou Norrent-Fontes (voir ici et ), des personnes solidaires avec les exilé-e-s sont poursuivies. Sont utilisées des infractions au code de l’urbanisme, l’article 622-1 du Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile (le fameux « délit de solidarité » qui n’a pas été aboli malgré une retouche de la loi en décembre 2012), l’incitation à l’émeute en agitant le spectre de « l’ultragauche ».

Est-ce là l’ennemi qu’il faut poursuivre aujourd’hui ?

À Calais et à Grande-Synthe, près de Dunkerque, des exilé-e-s manifestent en hommage aux victimes du 13 novembre. Les personnes qui manifestent savent ce que signifient le terrorisme, la guerre ou la violence d’État, qu’elles viennent de Syrie ou d’Érythrée, du Soudan ou d’Iran, d’Irak ou de Somalie, du Yémen ou de Libye. Elles le font aussi par la plus élémentaires des civilités qui est d’adresser des condoléances aux familles dans le malheur.

http://www.liberation.fr/france/2015/11/17/dans-la-jungle-de-calais-on-va-nous-prendre-pour-des-terroristes_1414224

Elles sont confrontées à un régime de brutes, qui leur répond par les contrôles au faciès, les arrestations, les violences policières, les gazages, à commencer par femmes et enfants.

http://www.nordlittoral.fr/faits-divers/manifestation-de-migrants-lundi-l-utilisation-du-gaz-ia0b0n260774

Elles sont confrontées à des autorités qui les traquent dans leur moindre présence dans la ville, changeant les règles d’accès à la médiathèque parce qu’elles y ont accès à internet (voir ici et ), demandant le déménagement de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (sic) parce qu’elles y font la queue pour demander l’asile, changeant les règles d’accès à la piscine parce qu’elles viennent y nager.

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-des-mesures-prises-pour-eviter-leur-ia33b48581n3167998

Le choc n’est-il pas suffisamment fort pour nous dire qu’il y a mieux à faire ?

Cesser la chasse aux migrant-e-s, cesser la chasse aux aidant-e-s, ce n’est évidemment pas là qu’est l’ennemi.

Prendre des mesures d’urgence pour passer l’hiver le mieux possible.

Préparer un accueil dans la ville et dans des lieux de taille humaine.

Interpeller le voisin britannique sur la fermeture absurde de ses frontières, nuisible avant tout pour son propre avenir.

N’est-ce pas avant tout de cela dont notre société a besoin aujourd’hui ?

 

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