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C’était une crainte depuis l’apparition de ces « centres de répit » (voir ici, ici et ), que les autorités appellent plutôt maintenant « centres de mise à l’abri » : que les demandeur-se-s d’asile en procédure Dublin (*) qui iraient dans ces lieux d’hébergement soient expulsé-e-s vers un autre pays de l’Union européenne.

La lecture de la circulaire aux préfets du 9 novembre était venue confirmer cette crainte.

Celle-ci est devenue certitude : 7 demandeurs d’asile syriens ont été renvoyés en Italie. Ils étaient hébergés dans le centre de répit d’Istres. Ils ont été emmenés directement du centre à l’aéroport, sans passer par un centre de rétention.

L’expulsion de 6 autres demandeurs d’asile hébergés au centre de répit de Blois est prévue pour ce lundi.

Ces expulsions commencent alors que le nombre de candidats au départ de Calais a fortement baissé. Le dispositif a joué son rôle, faire baisser (ou empêcher d’augmenter) le nombre d’exilé-e-s à Calais, ne pas améliorer les conditions de vie à Calais en prétextant que des solutions de relogement sont proposées. Maintenant qu’il a perdu son attractivité, les expulsions peuvent commencer.

Les exilé-e-s à qui on a fait croire qu’ils ou elles seraient hébergé-e-s sans condition, qui montent dans des bus sans en connaître la destination, sont maintenant pris-e-s au piège, notamment ceux et celles qui sont en procédure Dublin. En effet, dans les conditions normales, si les autorités françaises ne les expulsent pas vers le pays responsable de leur demande d’asile dans un délais de 6 mois, la France devient responsable de leur demande d’asile. Mais si les personnes sont considérées comme en fuite, ce délais passe à 18 mois. Et les personnes qui quitteront un centre de répit pour éviter une expulsion seront dans cette situation.

Risquent également l’expulsion les personnes qui seront déboutées de leur demande d’asile et celle qui sont sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les centres de répit ne sont pas précisément des lieux  où l’on est à l’abri.

 

(*) Le règlement Dublin III est un texte européen qui sert à déterminer quel est le pays responsable de l’examen d’une demande d’asile. Il s’agit le plus souvent du pays d’entrée dans l’Union européenne, la prise des empreintes digitales et leur enregistrement dans la base de donnée européenne Eurodac faisant foi.

 

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