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Une nouvelle fois cette semaine, cette fois deux jours de suite, des tensions sur la rocade autoroutière qui conduit au port, et qui surplombe le bidonville de Calais.

Les raisons sont connues. Les nouvelles grilles autour du port et le long de la rocade, et surtout la quasi disparition des embouteillages sur la rocade, ont rendu le passage plus difficile par le port. Les tentatives de passage sans passeurs se sont principalement reportée sur le périmètre du Tunnel sous la Manche. Là aussi disparition des embouteillages, puis nouvelles grilles, renforts de police. Retour à la rocade d’accès au port, cette fois en ralentissant au besoin les camions. Riposte de la police, situation parfois tendue, bombardement indifférencié par la police du bidonville qui est au bas de l’autoroute, jets de pierre par des habitants.

Situation qualifiée d’émeute, qui est en réalité le résultat prévisible et annoncé des choix faits et imposés par les autorités.

Dès l’annonce à la rentrée 2014 du projet de plate-forme de service dans ce qui était alors le centre de loisirs Jules Ferry, la localisation à proximité du port et de l’autoroute attire l’attention. Il n’était pas encore question de concentrer les exilé-e-s, alors dispersés dans plusieurs campements et squats dans l’agglomération, sur un terrain à proximité (voir aussi ici, ici et ).

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/09/17/le-projet-de-centre-de-jour-est-il-serieux/

La concentration sous la menace des exilé-e-s sur l’emplacement du bidonville actuel a commencé fin mars 2015 et s’est achevée le 21 septembre dernier par l’évacuation des derniers campements du centre de Calais, et la destruction au bulldozer de la partie du bidonville qui débordait à l’ouest de la rocade autoroutière, comme pour marquer par la violence où se trouvait la frontière (voir ici, ici, ici, ici et ).

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2015/03/31/communique-contre-les-expulsions/

Le terrain était connu comme marécageux, venteux, particulièrement inhospitalier. Les associations avaient attiré l’attention sur le risque de tensions résultant de la concentration d’autant de personnes dans un même lieu et dans des conditions matérielles dégradées. Ces tensions n’ont d’ailleurs pas tardé à apparaître. Et il était clair dès le départ que la situation empirerait à la mauvaise saison.

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2015/03/17/jules-ferry-la-garenne-ou-les-autorites-veulent-creer-un-bidonville/

Il était clair également qu’avec l’installation de grilles le long de la rocade le bidonville deviendrait facilement un piège dans lequel les exilé-e-s pourrait se trouver coincés. C’est ce qui est arrivé quand à la suite de la visite du ministre de l’intérieur à Calais le 21 octobre la présence policière autour et dans le bidonville est devenue oppressante, entravant l’action humanitaire (voir ici, ici et ). Et quand la police s’en prend plus particulièrement aux femmes et aux enfants, il est clair que ses provocations vont susciter des réactions (voir ici et ).

D’un côté l’État, qui a le lendemain de la dernière visite du ministre de l’intérieur, le 21 octobre, jeté 460 policiers et gendarmes de pus dans la mêlée, fait monter les tensions et la violence. De l’autre, la maire de Calais réitère ses appels à une intervention de l’armée.

http://www.lavoixdunord.fr/region/calais-nouvelles-tensions-entre-migrants-et-crs-a-la-ia33b48581n3182572

http://www.liberation.fr/france/2015/11/26/heurts-a-calais-la-maire-demande-une-reprise-en-main-securitaire-rapide-de-la-jungle_1416349

 

jules lightContrairement à ce qu’on pensait en mars dernier, quand ce plan a été fait, et de manière étrange, les grilles installées se printemps le long de l’autoroute s’arrêtent au niveau de la rue des Garennes, c’est-à-dire au niveau du bidonville, laissant à partir de là l’autoroute accessible. D’où l’abcès de fixation actuel.