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On avait déjà le détournement de l’état d’urgence pour interdire les manifestations pour le climat à l’occasion de la COP 21 et arrêter des militant-e-s écologistes supposé-e-s y participer.

On a aujourd’hui le détournement de l’état d’urgence pour aggraver la répression à l’encontre des exilé-e-s de Calais.

La route nationale 2016 est la rocade à quatre voies qui contourne Calais et mène au port. Les exilé-e-s la suivent à pied dans un sens ou dans l’autre pour aller vers différents lieux de passage ou en revenir, ou pour aller à l’hôpital en évitant le centre-ville où les contrôles au faciès sont fréquents. Ils essayent également de monter dans les camions lorsqu’il y a des embouteillages. Le bidonville où les autorités ont concentré la quasi-totalité des exilé-e-s est en contrebas de la rocade.

L’arrêté du 1er décembre 2015, pris en application de l’état d’urgence, réprime de 7500 € d’amende et de 6 mois d’emprisonnement le fait d’être à pied sur l’emprise de la RN 216, et de refuser de s’y soumettre à un contrôle d’identité, qui pourra être fait à tout moment sans réquisition du procureur. Cette subtilité concernant les contrôles d’identité à tout moment légalise l’arrestation des personnes sans document d’identité, pouvant déboucher sur leur placement en centre de rétention, en complément de la possibilité d’emprisonnement.

On note au passage que sous l’état d’urgence, une simple décision administrative du préfet peut transformer le fait de marcher à un endroit donné en un délit passible de prison.

Et les proches des victimes des attentats apprécieront l’opportunisme d’un gouvernement pour qui l’état d’urgence est un moyen de régler ses comptes, un jour avec les citoyen-ne-s en désaccord avec sa politique, un autre jour avec une population qu’il juge indésirable.

 

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