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Jeudi 5 novembre en fin de journée. Il sort devant la porte d’un local associatif pour fumer une cigarette. Il est interpellé par des policiers en civil qui sont là depuis près d’une heure, et n’ont contrôlé aucune des personnes entrant ou sortant du local. Il est emmené dans une voiture, placé en garde-à-vue, et accusé d’être l’instigateur des tensions qui ont eu lieu un peu plus tôt dans la semaine entre exilé-e-s et police autour de la rocade d’accès au port et du bidonville de Calais (voir ici, ici, ici, ici et ). Pourquoi les policiers l’ont-ils arrêté là ce jour-là devant ce local plutôt discret en centre-ville, alors qu’il les a croisé les jours précédents plusieurs fois en entrant et sortant du bidonville ? Comment savaient-ils qu’il était dans ce local qu’il fréquentait occasionnellement ?

Lundi 14 décembre, le procès a lieu au tribunal de grande instance de Boulogne/Mer (voir ici et ). Relaxe pour trois des quatre chefs d’inculpation. Ce n’est pas une surprise, le dossier est vide. Le quatrième chef, le refus de prélèvement ADN lui une peine d’un mois avec sursis. On peut se demander quelle nécessité de ficher ses empreintes génétiques s’il est relaxé.

Soulagement, ce dossier monté de toute pièce aurait pu lui valoir jusqu’à trois de prison.

Mercredi 16 décembre, le procureur fait appel du jugement sur deux des chefs d’inculpation. Les tensions qui ont lieu entre des exilé-e-s et la police doivent avoir un coupable, un instigateur.

On notera que le procureur de Boulogne/Mer ne fait pas preuve du même zèle quand il s’agit d’incitation à la haine raciale, de discriminations, d’actes de violence dans lesquels des policiers sont en cause, de violations de la loi par des membres des forces de police. Dans ces domaines, on est sans nouvelle des suites données. Le Défenseur des Droits avait d’ailleurs décrit dans son rapport publié le 6 octobre 2015 les difficultés qu’il avait rencontrées à obtenir les éléments demandés au procureur concernant certains faits dont il était saisi (pages 69 à 71 du rapport, page 2 de sa réponse au ministre de l’intérieur).