Étiquettes

, , , , , ,

La pratique d’arrêter des exilé-e-s à Calais pour les envoyer dans des centres de rétention partout en France, pour les relâcher le plus souvent après quelques jours, date d’il y a plus d’un an. Elle concernait principalement des nationalités « sensibles », pour lesquelles l’expulsion vers le pays d’origine est compliquée à mettre en œuvre (Soudan, Érythrée, Afghanistan…). Il s’agissait de petits groupes, aux alentours de cinq personnes. Beaucoup de Soudanais, qui semblaient particulièrement visés.

Avec la venue du ministre de l’intérieur à Calais le 21 octobre, la pratique a été décuplée. Il s’est agit de rafler une cinquantaine de personnes chaque jour, sur les lieux de passage ou lors de contrôles au faciès en ville et à la gare, de les envoyer dans des centres de rétention ayant une capacité suffisante, puis de libérer la plupart de ces personnes au bout de cinq ou six jours pour faire place à un nouveau groupe (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

Deux mois après, les rafles sont toujours quasi quotidiennes, mais les groupes ne sont plus d’une cinquantaine, mais de vingt à trente personnes.

La Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, après enquête, avait pointé l’illégalité de cet usage détourné de la rétention administrative.

Le tribunal administratif de Marseille confirme cette illégalité en annulant 37 Obligations de Quitter le Territoire Français.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/12/18/97001-20151218FILWWW00132-calaismigrants-la-justice-annule-des-arretes.php

Rien ne dit pour autant que la préfète du Pas-de-Calais arrête pour autant de violer la loi.

DSCN8762Départ vers une centre de rétention sur l’aéroport de Mark, à côté de Calais.