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Lieu d’enfermement des étrangers de Calais, en vue de leur expulsion selon la loi, mais aussi à titre punitif lorsque l’expulsion est impossible ou trop compliquée à organiser, est situé sur le territoire de la commune voisine de Coquelles. À l’est, il est bordé par le site du Tunnel sous la Manche et par les grilles qui l’entourent. À l’ouest, de l’autre côté du boulevard du Kent, le gigantesque centre commercial appelé « la cité de l’Europe », facilement accessible de l’autoroute, où des Britanniques notamment viennent se fournir en denrées moins cher en France qu’au Royaume-uni, comme l’alcool.

https://goo.gl/maps/qURNNVVqYks

Jouxtant le centre de rétention administrative, la salle d’audience délocalisée du tribunal de grande instance de Boulogne/Mer, ou le juge des libertés et de la rétention décide du prolongement ou non du placement en rétention et examine la légalité de la procédure qui a conduit à celui-ci. Les audiences sont publiques, mais dans ce lieu discret, à l’écart de la ville, elles sont pour le moins confidentielles. Et juste à côté, le commissariat de la police au frontières. Les choses se passent donc entre soi.

D’où la nécessité de rappeler l’existence de ce lieu, élément d’une politique d’enfermement et d’expulsion. Et cette manifestation bruyante du 31 décembre. Une soixantaine de personnes, des casseroles, des cuillères, deux tubas, des tambours, une sono, des banderoles. Pendant tout l’après-midi, les manifestant-e-s ont tourné autour du centre de rétention, de son tribunal et du commissariat.

 

Voici le texte du tract distribué à cette occasion :

« Meilleurs Voeux 2016

Pour un monde sans barrière, un monde de paix et de respect !

Comment vivre en paix

quand il existe dans nos pays démocratiques des prisons qui taisent leur nom ?

Des prisons où les sans-papiers subissent une obsession statistique au détriment du droit,

autrement dit l’application quotidienne du racisme d’état,

de sa politique du chiffre et de son mépris de l’humain.

A côté de la cité Europe, derrière le commissariat de la police aux frontières (PAF), existe un centre de rétention administratif (CRA) où sont enfermées des personnes sont le seul tort est de ne pas avoir les bons papiers administratifs.

Dans la même enceinte existe un tribunal d’exception, annexe du TGI de Boulogne ,

où ces personnes sont jugées sans témoins, sans droit à une préparation correcte de leur défense. La durée maximale de maintien en rétention est de 45 jours.

Pour séparer les réfugiés de leurs soutiens, la préfecture les envoie dans tous les CRA de France : Marseille, Toulouse, Metz, Nimes, Lyon… à grands frais, par vols privés depuis l’aérodrome de Marck.

Si certains risquent la déportation vers un pays qu’ils ont fui non sans raisons, d’autres peuvent être expulsés vers un autre pays d’Europe où leurs empreintes ont été enregistrées.

Les centres de rétention, pour la majorité des sans papiers ne sont que des machines à briser les liens, casser l’espoir, fracasser des vies, séparer des familles.

Chaque pays d’Europe a sa propre politique en matière de centres de rétention.

Mais partout ce sont les droits de base de chaque être humain qui sont bafouées. »

Manif Coquelles banderole légerBanderole sur les grilles du Tunnel sous la Manche, à côté du centre de rétention.

Manif Coquelles arrière CRA légerNouvelles grilles à l’arrière du centre de rétention, doublant à distance la première clôture, pour isoler encore plus les personnes enfermées du point de vue visuel et sonore.