Étiquettes

, , , , ,

Des bénévoles du Collectif Fraternité Migrants Bassin Minier 62 racontent cette anecdote. Cela se passe à Angres, une commune de l’agglomération de Lens https://goo.gl/maps/pcukBQyEyYK2 . Ces bénévoles faisaient leur promenade du dimanche, et entendent quelque chose bouger dans un sous-bois. Ils vont voir, et découvrent là des personnes vivant sous des bâches de plastique. Ces personnes venaient du Vietnam, et tentaient de monter dans des camions sur le parking autoroutier le plus proche, pour gagner le Royaume-uni. De ce hasard est née la mobilisation de citoyen-ne-s et de communes de l’agglomération en solidarité avec ces exilé-e-s.

Cette situation s’est vue à Calais après la fermeture du centre de Sangatte en 2002, les personnes s’abritant dans des blockhaus abandonnés, se glissant dans des tuyaux de canalisation sur un site en chantier, ou plusieurs années plus tard dans l’épaisseur de portes d’écluse déposées sur un quai. Ou se cachant dans des buissons, simplement enroulées dans un manteau ou une couverture, parfois recouverts, grand luxe, d’un bout de bâche ou d’un sac poubelle pour se protéger plus ou moins de la pluie.

On l’a revu au fil des années, après certaines grosses expulsions, la police tournant au petit matin pour déloger systématiquement les gens et les empêcher de s’installer où que ce soit. Froid, manque de sommeil, perte de repères, senstiment de vulnérabilité, la traque est une guerre physique et psychologique.

L’annonce par la préfète du Pas-de-Calais de l’intention de réduire le nombre d’exilé-e-s à 2000 à la fin de l’hiver et de détruire le bidonville revient au retour de ce temps des bâches. D’un côté contingenter le nombre et contrôler les personnes dans un camp de containers sous surveillance, de l’autre traquer les personnes nouvellement arrivées et surnuméraires, contraintes de se cacher soir après soir dans des bosquets, enroulées dans un bout de plastique ou une couverture. Si c’est le cas, la promesse d’un lieu où la présence des exilé-e-s serait tolérée (voir ici et ), et où il serait donc possible d’améliorer les conditions de vie, qui a donné naissance au bidonville actuel, aura vécu.

 

Pentax Digital CameraJuillet 2014, trace de bivouac après les expulsions.