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Malgré l’interdiction des manifestations à Calais annoncée par le ministre de l’intérieur le 3 février, et l’arrêté d’interdiction publié par la préfète du Pas-de-Calais le 4 février dans le cadre de l’état d’urgence, le rassemblement prévu par l’association Pegida France a bien eu lieu hier samedi 6 février à partir de 13h devant la gare de Calais. Quelques 150 personnes se sont rassemblées et plusieurs prises de parole ont eu lieu.

Le choses se sont tendues lorsque les manifestants ont voulu se déplacer vers la mairie. Ils ont été bloqués par les gendarmes mobiles, qui les ont repoussés, puis les manifestants ont repoussé les gendarmes mobiles. Cela s’est produit plusieurs fois. Des projectiles ont été lancés sur les gendarmes. Les sommations à se disperser n’ont pas été suivies d’effet. Les renforts de CRS qui sont arrivés ont été accueillis au cri de CRS avec nous.

La tension est encore montée lorsque le général en retraite Piquemal, ancien commandant de la légion étrangère, l’un des orateurs du rassemblement, a quitté la manifestation en intimant à ses troupes « décrocher », et qu’il a été arrêté à proximité immédiate. La police a gazé les manifestants qui protestaient. On est alors passé de « CRS avec nous » à un vocabulaire moins tendre adressé à la police.

Une partie des manifestants se sont dispersés ou se sont éloignés au-delà du dispositif policier. Un groupe a fait exploser des pétards sur un parking voisin. La police a chargé et arrêté plusieurs personnes. Il semble que d’autres personnes aient été arrêtées en dehors de la manifestation.

Malgré la tension, au rond-point le plus proche, des manifestants discutent avec des CRS. Vers 14h30, des groupes sont encore rassemblés devant la gare, avec des drapeaux. Ils quittent progressivement les lieux. Certains vont se rassembler devant le commissariat pour demander la libération du général en retraite. Ils y étaient encore à la tombée de la nuit.

D’autres se sont dirigés vers le bidonville à proximité duquel ils ont été vus bavardant avec les CRS en faction.

La vraie inquiétude des bénévoles est la possibilité de violences sur des exilé-e-s de la part de groupes d’extrême-droite venus pour le week-end. Pour l’instant pas de nouvelles dans ce sens, espérons donc que la nuit aura été calme.

Il semblerait que l’intention des autorités n’était pas d’empêcher le rassemblement de Pegida, tout au moins la police ne s’en est-elle pas donné les moyens, mais de procéder à des arrestations. La venue à Calais du nouveau ministre de la justice a été annoncée pour ces prochains jours, et des condamnations en comparution immédiate de militants d’extrême-droite pourraient être un moyen de blanchir médiatiquement les autorités d’État de leur passivité par rapport à la montée des violences racistes dans le Calaisis depuis deux ans.

Sachant que le problème n’est pas tant la manifestation de Pédiga que les agressions commises par de petits groupes visiblement bien organisés, et la fraternisation de plus en plus évidente entre militants d’extrême-droite et policiers.

 

Manif Pediga 13h30 légerVers 13h30, le rassemblement se tient, entouré par la police.

Manif pediga 14h30 légerVers 14h30, plusieurs groupes sont encore présents sur le lieu du rassemblement avant de se disperser.