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Lors de la manifestation de samedi dernier organisée à Calais par le mouvement islamophobe Pegida France, vingt personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue, selon les chiffres donnés le jour même. Sur ces vingt personnes, quatre ont été déférées devant le tribunal de grande instance de Boulogne/mer en comparution immédiate avant-hier lundi, et une a vu son procès ajourné pour des raisons de santé.

Se pose comme toujours dans ce genre de situation la question du choix de ces cinq parmi vingt. Des raisons juridiques peuvent l’expliquer, comme l’absence d’éléments probants permettant de caractériser l’infraction. Mais il semble que d’autres critères ont présidé à ce choix.

Les quatre personnes qui ont comparu hier étaient poursuivi pour s’être rendu à la manifestation avec une arme ou un objet pouvant servir d’arme (taser, bombes lacrymogènes, coup de poing américain, cuter). D’autres chefs d’inculpation auraient pu concerner les autres personnes placées en garde-à-vue, comme la participation à un rassemblement interdit, notamment dans le cadre de l’état d’urgence, ce qui s’est fait pour d’autres manifestations ailleurs en France. Ou la rébellion pour les personnes qui se sont opposées aux policiers.

Sans doute pour des raisons de clarté et de démonstration un seul chef d’accusation a donc été choisi, le fait d’avoir une arme, et donc l’intention supposée de s’en servir. Ce qui peut se comprendre dans un contexte d’agressions contre des exilés, pour faire un exemple.

Deux de ces personnes, qui avaient des antécédents judiciaires, ont été condamnées à des peines de prison ferme, une troisième à une peine de prison avec sursis. Le procès de la quatrième a été reporté en raison de vices de formes dans le cadre de la procédure de garde-à-vue.

La cinquième personne est le général en retraite Piquemal, ancien commandant de la légion étrangère, accusé d’être l’instigateur principal d’un rassemblement interdit.

Là, les choses paraissent moins évidente. Si Piquemal a joué un rôle central dans le déroulement du rassemblement, celui-ci a été organisé par Pegida France, et on aurait pu s’attendre à ce que ce soient ses dirigeants qui soient poursuivis, même s’ils n’ont pas été arrêtés au cours de la manifestation.

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-la-nouvelle-edition/pid6850-la-nouvelle-edition.html?vid=1360427

En tout cas, le choix de l’ancien commandant de la légion étrangère cristallise des soutiens allant de Marine Le Pen à d’anciens parachutistes qui appellent à une manifestation à Calais le 20 février. Une soixantaine de personnes étaient d’ailleurs venues à Boulogne/Mer soutenir Piquemal dès ce lundi, bien que son procès soit reporté. Les dirigeants de Pegida auraient sans doute reçu moins de soutiens, et si ce procès voulait avoir une vertu de démonstration ou d’exemple, il risque surtout dans les faits de renforcer la mobilisation de l’extrême-droite autour de Calais.

 

Manif paras 20 février 1Un appel à manifester qui circule sur le net suite à l’arrestation de Piquemal.