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Mardi 23 février, la Belgique (voir ici et ) rétablit pour un mois le contrôle de sa frontière avec la France près du littoral de la Mer du Nord, en raison de l’expulsion annoncée de la moitié sud du bidonville de Calais. Les contrôles sont mis en place dès le lendemain. Les autorités belges ne croient visiblement pas les autorités françaises ni quant au nombre d’habitant-e-s sur lequel elles communiquent pour la partie à évacuer du bidonville, ni quant aux mesures de relogement mises en avant.

Jeudi 25 février, la Commission européenne fait savoir à la Belgique qu’elle n’a pas respecté la procédure pour rétablir les contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, et que leur rétablissement n’est pas fondé. Le ministre belge de l’intérieur doit rencontrer lundi 29 le commissaire européen en charge des migrations.

http://www.lalibre.be/actu/international/l-europe-accuse-la-belgique-de-violer-schengen-56d09edc3570e6ca6ade73c3

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/02/26/migrants-les-autorites-belges-veulent-eviter-une-nouvelle-jungle-pres-de-la-frontiere-francaise_4871973_1654200.html

Jeudi 25 février, sans attendre que quiconque ait eu le temps de lire et encore moins d’analyser le jugement rendu par le tribunal administratif de Lille sur l’expulsion et la destruction de la moitié sud du bidonville, l’État communique sur sa victoire et l’expulsion ainsi autorisée, semant le trouble dans les médias. Il faudra un communiqué de l’avocate des habitant-e-s et des associations pour montrer que les choses sont beaucoup plus nuancées.

Vendredi 26 février au petit matin, la police est présente en nombre autour du bidonville et bloque certains accès. Des représentants de la préfecture parcourent la partie sud en disant aux habitant-e-s qu’ils et elles ont deux jours pour quitter les lieux sous peine d’expulsion, au mépris du jugement rendu la veille. Mais leur tentative de semer la panique ne marche pas.

Vendredi 26 février : les ministres de l’intérieur et du logement invitent quelques associations pour le lancement d’un comité de pilotage national du dispositif des « centres de répit », ou centres d’accueil et d’orientation (CAO), ouverts un peu partout en France. Celui-ci est présenté comme la solution de relogement pour les habitant-e-s du bidonville, au mépris de la réalité qui est que les exilé-e-s viennent à Calais pour rejoindre le Royaume-uni. L’ouverture de nouvelles places est annoncée, ainsi que la pérennisation du dispositif, mais rien n’est dit sur le fait que la majorité des CAO ont été ouverts dans des centres de vacances qui vont reprendre leurs activités habituelles au printemps (au départ, le dispositif n’était prévu que pour la durée de l’hiver). Le ministre de l’intérieur réaffirme qu’il n’y aura plus à Calais que 2000 exilé-e-s, dans le camp de container et dans le camp Jules Ferry (voir ici et ), niant le nombre de personnes actuellement présentes, et les prévisions quant à l’augmentation du nombre d’exilé-e-s entrant en Europe en 2016. Il invite les associations à relayer sa politique et menace les « activistes », qu’il rend responsable de l’échec de sa politique, de poursuites pénales.

Vendredi 26 février : les habitant-e-s du bidonville font appel du jugement du tribunal administratif de Lille et saisissent le Conseil d’État.

En résumé, si le gouvernement n’a pas semé la panique dans le bidonville, il a réussi à aggraver la crise de l’espace Schengen due au manque de solidarité entre États européens pour l’accueil des exilé-e-s venu-e-s en plus grand nombre en Europe. Vous avez dit irresponsabilité ?

 

dppdmLe logo du réseau Des Ponts pas des Murs. Vous avez dit alternatives ?

 

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