Étiquettes

, , , , ,

Plusieurs rassemblements ou manifestations sont prévus :

Mercredi 2 mars – Genève

Rassemblement devant le consulat de France, rue J. Imbert, à 18h.

https://calaismigrantsolidarity.files.wordpress.com/2016/03/evacuation-calais2.pdf

Vendredi 4 mars – Paris

Manifestation au départ de la gare du Nord, à 18h.

https://paris-luttes.info/calais-brule-liberte-pour-les-4963

Samedi 5 mars – Bath (Royaume-uni)

Rassemblement de protestation pacifique contre la destruction du bidonville de Calais, Bath Abbey Courtyard, 12 Kingston buildings Bath, de 12h30 à 15h30 (heure anglaise).

https://www.facebook.com/events/1750982051799008/

Dimanche 6 mars – Witney, près d’Oxford (Royaume-uni)

En soutien aux enfants du bidonville de Calais dont les habitations sont détruites et pour demander au gouvernement britannique de les mettre en sécurité au Royaume-uni, Church Green de 11h à 14h (heure anglaise).

https://www.facebook.com/events/1293710750645527/

 

Parus hier soir, un appel signé par des personnalités, groupes et associations et un communiqué de presse inter-associatif.

 

http://www.gisti.org/spip.php?article5277

« À Calais, l’État tombe le masque

 

La destruction de la « jungle » de Calais a brutalement commencé ce lundi 29 février au matin. Plusieurs compagnies de CRS ont investi les lieux, qui ont dévasté des cabanes encore occupées, lancé des grenades lacrymogènes et usé de canons à eau contre des réfugiés grimpés sur les toits de leurs abris. Des centaines de personnes ont été jetées dans un froid glacial sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portent sur elles, sans savoir où aller… Faut-il s’en étonner ?

Les pouvoirs publics ont écarté tout témoin : les soutiens des réfugiés ont été interdits d’entrée dans le périmètre de l’opération. Le ministre de l’Intérieur n’a cessé de le proclamer ces jours derniers : certes, il entendait mener à bonne fin ce qu’il appelle « la résorption » du camp de Calais ; mais il voulait le faire « de façon progressive » et « dans le respect des personnes » [voir entre autres son discours du 22 février au Mans]. Et c’est bien en se référant expressément à cet engagement de l’État à procéder à une évacuation progressive que le Tribunal administratif de Lille a validé l’arrêté d’expulsion de la jungle de Calais (25 février 2016, ordonnance n° 1601386).

Force est de constater que le « démantèlement » qui vient de commencer n’a rien de progressif ou d’humanitaire, et qu’il ne prend pas en compte la situation des personnes : les choses se déroulent comme s’il s’agissait de punir quiconque s’obstine à vouloir se rendre en Grande-Bretagne. Rappelons qu’un quart des habitants de la jungle de Calais aurait des proches outre-Manche ; ils seraient donc parfaitement fondés à demander à les rejoindre… Mais de même que la Turquie est priée de faire le garde-frontière de l’Union européenne, la France se charge de « protéger » la Grande-Bretagne, à grand renfort de moyens policiers quasi militaires, contre les migrants que celle-ci refuse d’accueillir.

La première a-t-elle voulu donner des gages à la seconde, en perspective du sommet franco-britannique qui aura lieu ce 3 mars ? Quant aux autres, leur méfiance face aux « solutions » alternatives qui leur ont été présentées ne peut qu’être confortée par la violence mise en œuvre pour les chasser. « Les services de l’État se mobilisent sans relâche pour permettre à tous ceux qui le veulent de pouvoir quitter la lande », déclarait vendredi la ministre du Logement.

Aujourd’hui, les masques tombent. Nous n’aurons plus d’excuses pour ne pas voir ce qui se passe sous nos yeux. Dans un État de droit, l’État n’a pas tous les droits. La justice n’a pas délivré au gouvernement un permis de chasse contre les réfugiés. Partout, des voix se sont élevées pour exiger que s’organise l’accueil des personnes chassées de leurs pays en guerre ou dévastés. Ces voix ne vont pas se taire. Il faudra bien qu’on les entende. Rappelons-le : l’asile est un droit ; la répression des réfugiés est donc un déni de démocratie.

Le 1er mars 2016

Premiers signataires (parmi ceux de l’appel Calais : Les bulldozers ne font pas une politique !)

  • Karen Akoka, maître de conférence en science politique, Université Paris Ouest Nanterre
  • Jean-Pierre Anselme, journaliste
  • Maïtena Armagnague-Roucher, Maître de Conférences en Sociologie à INS HEA/Université Paris Lumières (UPL), Chercheure au GRHAPES, associée au Centre Emile Durkheim
  • Laurent Aucher, sociologue
  • Lucie Bacon, doctorante à Migrinter (Université de Poitiers, France)
  • Marie-Laure Basilien-Gainche, membre de l’Institut Universitaire de France, professeure de droit public, Université Jean Moulin, Lyon 3
  • Christophe Blanckaert, Appel de Calais
  • Carolina S. Boe, docteure en anthropologie, Université d’Aalborg, Danemark
  • Atika Bourras, bénévole à L’Ecole laïque du chemin des dunes
  • Florence Boyer, chercheure, IRD
  • Gérard Bras, philosophe, président de l’UP 92
  • Claude Calame, Directeur d’études Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Centre AnHiMA (Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques, UMR 8210)
  • Nicole Caligaris, écrivain
  • Marie-Claire Caloz-Tschopp, Collège International de Philosophie et Solidarité sans Frontières
  • Cécile Canut, professeure des universités, Université Paris-Descartes-Sorbonne
  • Makaremi Chowra, chargée de recherche, CNRS
  • Olivier Clochard, géographe, Migrinter (université de Poitiers ,cnrs), membre de Migreurop
  • Saskia Cousin, anthropologue, maitresse de conférence à l’Université Paris Descartes, CANTHEL, membre de l’Institut Universitaire de France
  • Marie Cosnay, écrivain, enseignante
  • Patrice Coulon, militant associatif droits de l’Homme
  • Chantal Crenn, anthropologue Bordeaux Montaigne
  • Laurence Croix, psychanalyste, Maitre de conférences à Paris Ouest-Nanterre
  • Marie Cuillerai, professeur des Universités, Paris 7-Diderot
  • Fathallah Daghmi, enseignant chercheur, Université de Poitiers
  • Dominique Dauchot, secrétaire départementale du SNUipp-FSU 62
  • Fred Decosse, sociologue, LEST-CNRS
  • Didier Devriese, Conservateur des Archives, du Patrimoine et de la Réserve précieuse
  • Guadalupe Deza Doctorante en philosophie Paris8-UBA-CONICET
  • Stéphane Douailler, professeur de philosophie, université Paris 8
  • Isabelle Dubost, anthropologue, Université des Antilles
  • Karine Espineira, Sciences de l’information et de communication, Paris 8, codirectrice de la revue en ligne l’Observatoire des transidentités (ODT)
  • Mireille Fanon-Mendes-France, experte ONU
  • Pierre Farge, avocat
  • Hicham Fassi-Fihri; producteur de films
  • Éric Fassin, professeur de science politique à l’université Paris VIII – Saint-Denis- Vincennes
  • Jean-Pierre Fournier, enseignant
  • Nadine Fresco, historienne
  • Alexandra Galitzine-Loumpet, anthropologue, responsable programme Non-lieux de l’exil / Non places of Exile
  • Nathalie Garraud, metteur en scène, compagnie du Zieu
  • François Gemenne, chercheur en science politique, Science Po, Université de Liège
  • Claudia Girola, enseignant chercheur, Universite Paris Diderot
  • Anne Gorouben, artiste auteur
  • Nacira Guénif, professeure, Université Paris 8
  • Serge Guichard, membre du réseau Reprenons l’initiative
  • Sandra Iché, chorégraphe
  • Léa Kalaora, anthropologue, étudiante en psychologie, Paris Diderot
  • Marie Kayser, médecin généraliste
  • Gaelle Krikorian, sociologue
  • Malak Laghrari Zoukari, étudiante (Sciences Po Paris)
  • Titouan Lamazou, artiste de l¹UNESCO pour la Paix
  • Annie Lahmer, conseillère régionale IDF EELV
  • Nicole Lapierre, directrice de recherche émérite au CNRS
  • Catherine Larat, retraitée
  • Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
  • Martine Leibovici, Université Paris Diderot
  • Danièle Lochak, juriste, professeure émérite de l’Université Paris Ouest – Nanterre
  • Camille Louis, dramaturge, doctorante et enseignante en Philosophie à l’Université Paris 8
  • Géraldine Magnan, journaliste
  • Geoffroy Mannet, doctorant en philosophie à Paris 8
  • Joëlle Martin, artiste sculpteur
  • Françoise Martres, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature
  • Claire Maury-Rouan, linguiste, universitaire retraitée
  • Marie Menant, architecte-chercheuse, membre du PEROU
  • Jean-Claude Meyer, agrégé de philosophie, Strasbourg
  • Juliette Mézenc, écrivain
  • Christophe Mileschi, professeur des universités, traducteur, écrivain
  • Isabelle Misslin Lemann, membre du Collectif de soutien aux Roumains d’Ivry
  • Alain Morice, laboratoire Urmis et réseau Migreurop
  • Christelle Morvan, artiste peintre
  • Laurent Mucchielli, sociologue
  • Véronique Nahoum-Grappe, chercheure en sciences sociales, Paris
  • Toni Negri, philosophe
  • Arthur Nesnidal, rédacteur Siné Mensuel
  • Frédéric Neyrat, philosophe
  • Maryse Oudjaoudi, membre du Bureau Exécutif de EELV
  • Sylvie Paycha, Professeur des universités, Mathématiques, Clermont-Ferrand
  • Mireille Peloux, enseignante, RESF
  • Mélanie Pénicaud, doctorante en anthropologie, laboratoire Migrinter
  • Nathalie Péré-Marzano, Déléguée Générale d’Emmaüs International
  • Emmanuel Poilane, Directeur de la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés
  • Eric Premel, artiste
  • Catherine Quiminal, professeure émérite Université Paris Diderot
  • Jacques Rancière, professeur émérite à l’Université Paris VIII
  • Matthieu Renault, enseignant-chercheur, Paris 8
  • Judith Revel, Professeure de Philosophie, université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Daniel Rondepierre, professeur retraité, porte-parole EELV Pays de Vichy
  • Jean Rousseau, Président d’Emmaüs International
  • Marcela Santander Corvalán, artiste chorégraphique
  • André Scala, enseignant de philosophie
  • Daisy Schmitt, programme Officer, Women’s Rights & Migrants’ Rights, chargée de programme droits des femmes/droits des personnes migrantes
  • Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια
  • Serge Slama, maitre de conférences en droit public, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, CREDOF
  • Roger Taillade, président association pour la promotion de l’art contemporain populaire
  • Étienne Tassin, agrégé, docteur en philosophie, titulaire d’une habilitation à diriger des recherches en lettres et sciences humaines
  • Maud-Yeuse Thomas, sociologue, Paris 8, codirectrice de la revue en ligne l’Observatoire des transidentités (ODT)
  • Sophie Thonon-Wesfreid, présidente déléguée de France Amérique Latine
  • Jeannette Vallance, RESF 54
  • Dimitris Vergetis, psychanalyste
  • Patrice Vermeren, directeur du département philosophie, Université Paris 8
  • Christiane Vollaire, philosophe
  • Christine Wolff-awadalla, documentaliste
  • Ghislaine Zaparty, co- secrétaire générale CGT Edu’Action 66 et membre de la CE nationale CGT Educ’Action

Les organisations :

  • Actes et Cités
  • ActionFroid-Calais (Paris)
  • Action Tunisienne
  • Auberge des migrants (Calais)
  • Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
  • Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
  • Barcelona Accion Solidaria
  • Care4Calais
  • La Cimade Régionale Nord Picardie
  • Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants (CISPM)
  • Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrants
  • Collectif de soutien aux familles Roms de St Denis (CSFR)
  • Collectif des sans-papiers – Paris (CSP75)
  • Comede (Comité pour la santé des exilés)
  • Conseil d’urgence citoyenne
  • CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement)
  • DIEL (Droits Ici et Là-bas)
  • Ecole laïque du Chemin des Dunes
  • Emmaüs Europe
  • Emmaüs France
  • Emmaüs International
  • EuroMed Rights
  • Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)
  • Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
  • Flandre Terre Solidaire
  • Foi & Justice Afrique Europe
  • Fondation Frantz Fanon
  • France Amérique Latine (FAL)
  • Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
  • Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (Gisti)
  • Jesuit refugee service (JRS) France
  • LDH Fontainebleau 77
  • Mouvement Burkinabe des Droits de l’Homme et des Peuples – Comité régional Aquitaine
  • Mouvement Burkinabe des Droits de l’Homme et des Peuples – section de France
  • Mouvement pour la dignité et les droits des Maliens (MDDM)
  • Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
  • Organisation pour une Citoyenneté Universelle (OCU)
  • Polyvalence (Calais)
  • Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation
  • Réseau Éducation sans frontières (RESF)
  • Réseau Euromed France (REF)
  • Revue Pratiques
  • Revue Vacarme
  • Solidarité Laïque
  • Syndicat de la Médecine Générale
  • Tenons et mortaises
  • Union syndicale Solidaires »

 

http://www.psmigrants.org/site/communique-de-presse-inter-organisations-01-03-2016-expulsion-de-la-zone-sud-du-bidonville-de-calais/

« Communiqué de presse inter-organisations // 01.03.2016 // Expulsion de la Zone Sud du bidonville de Calais

Calais, le 1er mars 2016
Le démantèlement d’une partie de la zone sud du bidonville de Calais a débuté lundi 29 février et se poursuit mardi 1er mars.

Les associations de soutien aux réfugiés de Calais constatent les faits suivants :

  • Une expulsion manu militari
    • Des réfugiés sous la menace et la désinformation ont été sommés de quitter leur habitation dans des délais allant de 1 heure à 10 minutes
    • En cas de refus d’exécution, certains réfugiés ont été extraits de leurs abris par les forces de police, et pour certains interpellés immédiatement.
    • Des personnes ont été tenues à distance de leur lieu de vie et empêchées d’y retourner permettant aux forces de police de considérer ces abris comme vides et de procéder à leur destruction.
    • Des réfugiés montés sur le toit de leurs abris en signe de protestation pacifique ont été tenus en joue par des flashballs puis matraqués et certains interpellés.
    •  De nombreux réfugiés n’ont pu ni récupérer leurs effets personnels et leurs papiers d’identité, ni trouver une solution alternative pour leur hébergement.
  • Les forces de police ont maintenu à l’écart les citoyens par un large cordon qui encerclait les abris concernés par l’expulsion empêchant ainsi le regard citoyen sur les actions des autorités.
  • Cette opération policière s’est accompagnée de gazage massif et d’utilisation d’un canon à eau de manière indiscriminée et non proportionnée face à une opposition qui affichait clairement sa volonté pacifiste. Ces attaques n’ont fait l’objet d’aucune sommation préalable.
  • Dès le début des opérations, les policiers ont refusé la mise à l’abri des enfants et des familles dans l’école du Chemin des Dunes, les exposant ainsi aux gaz lacrymogènes et à la violence de la répression.
  •  Un enfant de 13 ans a été interpellé et emmené par les forces de l’ordre, sans possibilité de contact avec lui.

Au regard de ces faits, force est de constater que les agissements de l’Etat ne respectent aucun des engagements pris publiquement depuis plusieurs jours : absence de brutalité et de violence, concertation et dialogue, délai pour la mise à l’abri des personnes. Le ministre de l’intérieur lui-même indiquait lors de son discours au Mans le 22 février qu’« à Calais, c’est une solution d’hébergement pour tous qui est proposé pour résorber un bidonville. Ce n’est pas de dissoudre la souffrance dans le vide avec brutalité. Ce que nous voulons faire dans la zone sud de la Lande, c’est une opération de mise à l’abri ». Il poursuivait le 25 février à Bruxelles qu’il « n’a jamais été question pour le gouvernement français d’envoyer des bulldozers sur la lande pour procéder à une dispersion des migrants ».

Ce discours lénifiant de l’Etat ne vise qu’à camoufler la réalité : l’Etat ne respecte pas ses engagements. Il entend parvenir à la démolition complète d’un bidonville qu’il a lui-même créé en avril 2015, et ceci par tous les moyens sans aucune considération pour les réfugiés, ni pour les Calaisiens d’ailleurs. Car tout comme les migrants, ils subissent depuis maintenant plus de 20 ans la même politique de l’échec. Celle qui consiste-de Sangatte à l’actuel démantèlement de la Jungle- à croire qu’en déplaçant le problème on le résoudra.


Organisations signataires

Auberge des migrants
Care4Calais
Collectif Fraternité Migrants Bassin Minier 62
Comité Sans Papier 59
Emmaüs Dunkerque
Emmaüs France
FSU 59/62
Help Refugee
Itinérance Cherbourg
Groupe d’information et de soutien aux immigré.e.s (Gisti)
Le Réveil Voyageur
Ligue des droits de l’homme (LDH) Dunkerque
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) Dunkerque
Salam Nord Pas-de-Calais
Secours Catholique Caritas France
Terre d’errance
Utopia 56 »

 

Je suis Calais