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Cette après-midi, la police a déjà évacué l’ère à détruire ce jour, et les destructeurs démoli les habitations. L’École Laïque du Chemin des Dunes et la cuisine Ashram, lieux collectifs épargnés en vertu du jugement du tribunal administratif, sont maintenant isolées au milieu du no-mans-land. Le déblayage des débris de destruction est en cour. Des policiers empêchent l’accès à la zone détruite, d’autres sont autour de la cuisine Ashram. Le matin, la police a aussi bloqué l’accès à l’école, avant de lever le blocus.

Le camp de container est plein ou quasiment, les tentes installées par la protection civile au moment où une partie du bidonville avait été évacuée pour laisser la place au camp de container, sont pleines aussi. Il n’y a donc plus de possibilité de relogement sur place des personnes expulsées.

Les exilés en grève de la faim ont été présents plus tôt dans la journée en face de la police avec des pancartes. À cette heure de la journée, ils se reposent. La présence sur le terrain des destructions et les sollicitations des médias sont éprouvantes quand on ne s’alimente plus.

Lorsque les équipes de démolition et de déblayage arrêtent leur travail, les policiers se retirent jusqu’aux rues avoisinantes. Il est possible d’accéder librement à l’école. Élèves et enseignant-e-s se dispersent, ou vont boire un thé ensemble. Quelques personnes restent dans la salle de réunion, autour d’un café chaud. L’ambiance est elle-même chaleureuse malgré le chaos ambiant. L’école doit faire face maintenant à toute sorte de sollicitations, tentes, couvertures, nourritures, boisson chaude, de la part des personnes qui ont tout perdu, abri, affaires personnelles, réchaud pour cuisiner, réserve de vivres.

La nuit n’est pas encore tombée que déjà des cabanes brûlent, à la limite de la zone détruite. Porté par l’air chaud, un cerf-volant aux couleurs du drapeau afghan s’élève dans le ciel. Ces incendies, qui se poursuivent dans la nuit, marquent la protestation sourde des habitant-e-s du bidonville contre les conditions qui leur sont faites, vie dans un bidonville insalubre et destruction de celui-ci. Déjà lors de l’évacuation de la zone de 100 mètres le long de la rocade menant au port et d’une rue adjacente, des exilé-e-s avaient brûlé les tentes et cabanes qui n’avaient pas pu être emmenées et allaient être détruites.

Plus tard dans la nuit, un départ de feu s’accompagne d’une explosion, une bouteille de gaz sans doute.

 

Destruction bidonville 2016-03-03Feu dans la nuit, photo Polyvalence.