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« Le bidonville est vivant » était le titre de l’appel à cette journée de dimanche. De ci – de là de la musique ou des drapeaux, mais surtout beaucoup de monde dans les rues et les chemins du bidonville. On se croise, on s’interpelle, on discute. Les différentes langues se croisent et s’entremêlent. On parle de la situation comme on échange des nouvelles. On se retrouve ou on fait connaissance.

Le week-end, la destruction est au repos. Elle est pourtant présente dans toutes les têtes. Elle reprendra demain. Des tracts en différentes langues circulent, avec l’appel des personnes en grève de la faim à un rassemblement demain lundi pour protester contre l’expulsion, et interpeller la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les gouvernements et les peuples européens sur la situation.

Des cabanes sont déplacées sur des remorques ou des camionnettes, de la zone sud en cours de destruction vers la zone nord du bidonville. Une manière de sauver les meubles, mais qui fragilise les habitant-e-s qui voulaient rester jusqu’à l’arrivée de la police pour marquer leur opposition à la destruction. Sachant que celle-ci avance du coup plus vite, et que les autorités pourrons donc s’attaquer plus vite à la zone nord.

Une journée donc à l’image de ce bidonville, des solidarités et des échanges qui s’y sont noués, des contradictions et des ambiguïtés qui le traversent.

Le soir vient et demain, la destruction reprend.

 

LouiseHannah-street légerLa rue principale du bidonville, par Hannah Kirmes-Daly et Loup Blaster.