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« La nuit est longue »; Un ami afghan explique que cette phrase est devenue un proverbe dans un pays qui connaît la guerre depuis tant d’années. Quand on se couche le soir, on ne sait tellement pas ce que sera le lendemain qu’il parait infiniment lointain. Cet ami habite l’une des cabanes encore debout de la moitié sud du bidonville, en cours de destruction. Elle sera peut-être détruite demain.

Après la pause du week-end, les destructions vont en effet reprendre.

Mais il n’y a pas que les destructions. S’il a fallu traîner l’État en justice pour obtenir quelques points d’eau et toilettes, il a trouvé maintenant les moyens d’aménager le terrain dont ont été chassé-e-s les occupant-e-s. Une sorte de chemin de ronde a été réalisé pour que les fourgons de police puissent circuler et stationner au bas de la rocade d’accès au port, là où s’étendait jusqu’en janvier une partie du bidonville. Effectivement, des fourgons de CRS y stationnaient ce dimanche après-midi.

Autre détail, il était étonnant que les grilles qui enserrent la rocade d’accès au port, dont la construction a commencé dès avril 2015, se soient arrêtées au niveau de la rue des Garennes (voir ici) et ne se soient pas prolongées au moins jusqu’au bout du bidonville, laissant accessible une partie de la rocade. Aujourd’hui, la limite entre la partie sud détruite et la partie nord est juste dans l’alignement de la fin de la clôture. Hasard ou préméditation, les exilé-e-s sont repoussé-e-s depuis leur regroupement forcé sur ce terrain vers un espace de plus en plus clos. La partie nord du bidonville est bordée à l’ouest par les grilles de la rocade portuaire et en contrebas le nouveau chemin de ronde, au nord par le centre Jules Ferry et des taillis au-delà desquels se trouvent les grilles du port, au sud par les étangs et le no-mans-land créé par la destruction de la partie sud, à l’est en partie par les grilles du camp de containers.

 

Des truction bidonville 2016-03-11 bébéPhoto association Polyvalence.

 

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