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Les cendres de la cabane juridique de l’Appel de Calais, qui a brûlé jeudi en fin de journée, sont encore fumantes. Devant, les consultations juridiques continuent, debout, à l’air libre. Le bâtiment a brûlé, l’activité continue.

À deux pas, un groupe d’exilés démonte consciencieusement la cabane du Secours catholique, laissée à l’abandon. Les abris manquent dans la partie nord, où se sont repliées la plupart des personnes expulsées. Les matériaux sont précieux pour reconstruire.

Au sommet d’un arbre, un drapeau afghan, noirci par les flammes.

Tout autour, un espace dévasté.

Subsistent, en vertu du jugement du tribunal administratif, le long du chemin des Dunes, deux mosquées, la tente de Médecins du Monde, et l’école d’art ; et à l’ouest, au long de ce qui était une des rues principales du bidonville, un ensemble constitué de l’église, de la bibliothèque et école Jungle Books, de la cabane de Médecins Sans Frontières, et du centre d’information de Calais Migrant Solidarity, et à l’extrême-sud l’École Laïque du Chemin des Dunes avec le dispensaire de Gynécologie sans Frontières.

Dans la partie nord, un bus anglais à deux étages accueille les femmes et les enfants, en remplacement du centre qui était dans la partie sud, une cabane est en construction pour abriter la radio de Jungle Books, la cuisine collective Ashram s’est réinstallée dans un espace nouvellement défrichée, de nouveaux magasins se sont installés, et une nouvelle discothèque a ouvert ses portes. Témoignages d’une vitalité résiliente malgré la violence de l’État.

À propos d’État, la préfète a rencontré les associations cet après-midi. Elle a parlé « d’aménagement de la partie nord », ce qui laisserait entendre qu’elle ne serait pas détruite – à moins que si. Les plus béats colportent la nouvelle que la partie nord est sauvée, des personnes plus prudentes craignent une fausse annonce pour désamorcer les oppositions, les sceptiques font remarquer que dans « aménagement » il y a « ménage » et « ment ». La parole de l’État est totalement démonétisée. Et de toute façon, pour que les habitant-e-s puissent jouir d’un minimum de sécurité quant à leur installation, il faudrait une forme de contractualisation de l’utilisation du terrain où se trouve le bidonville, ce que l’État, n’étant pas propriétaire, serait bien en mal de faire.

Bref, rien n’est clair :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/calais-l-etat-veut-travailler-avec-les-ong-amenager-la-zone-nord-de-la-jungle-955411.html

Des trucion bidonville drapeau afghanPhoto association Polyvalence.