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Sur la commune de Grande-Synthe, un de ces petits campements de l’après-Sangatte, à proximité d’un parking autoroutier. Quelques dizaines de personnes tout au plus, jusqu’à la fin de l’été 2015. Quelques 400 habitant-e-s à la rentrée de septembre. La commune prévoit des aménagements pour créer des conditions décentes, mais le nombre d’habitant-e-s est entre-temps monté à 800, et atteindra 3000 personnes en novembre.

Les conditions de vie sont profondément dégradées, d’autant que la police met en place un blocus à l’entrée du campement, empêchant l’apport de tentes et de matériaux pouvant servir à la construction d’abris, mais parfois aussi les distributions de repas, de manière totalement arbitraire. Cherchant aussi à dissuader les bénévoles par des contrôles d’identité et des fouilles.

Lorsque, face à la situation humanitaire, Médecins sans Frontières propose d’aménager un camp de réfugiés aux normes internationales, l’État bloque. Puis, après avoir finalement donné son accord, une fois le camp aménagé, il tente encore de d’interdire l’emménagement des exilé-e-s sur le nouveau site, prétextant les normes de sécurité. À Grande-Synthe comme à Calais, le gouvernement se surpasse dans une fuite en avant dans l’odieux.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/grande-synthe-le-prefet-met-le-maire-en-demeure-de-securiser-le-camp-tout-juste-ouvert-946381.html

Aujourd’hui, malgré les obstacles, le nouveau camp est ouvert et accueille les exilé-e-s, un peu plus d’un millier de personnes.

Et les associations et la commune rappellent à l’État ses obligations, qu’elles assument à sa place. Et une pétition a été ouverte pour cela :

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/camp-refugies-grande-synthe-etat-pa-1123.html

La voie choisie a été celle d’un changement de lieu préparé avec les associations et les habitant-e-s, et l’association Actes et Cités se joint au projet pour travailler sur le lien social et le lien avec la ville. En contraste avec le camp de containers, les destructions successives de parties du bidonville et la violence déployés par l’État à Calais (voir ici, ici, ici et ).

Une fois résolue l’urgence humanitaire, c’est bien cette question du lien avec la ville qui est le défi à moyen et long terme. Une occasion a été manquée l’an dernier. Le campement des exilé-e-s devait déjà déménager sur le terrain actuel pour laisser la place à un projet d’écoquartier. Le campement n’avait alors que quelques dizaines d’habitant-e-s, plutôt que de les transférer sur un terrain en marge, il aurait été possible de les intégrer au projet d’écoquartier.

Avec jusqu’à 3000 personnes, c’est plus compliqué. Mais la situation aujourd’hui crée est https://goo.gl/maps/ZaafE7nzj6N2 : au nord de l’autoroute, la ville; dans la mince bande de terrain au sud, entre l’autoroute et la voie ferrée, successivement d’ouest en est, le camp de réfugiés, la station d’épuration, l’aire d’accueil des gens du voyage, la communauté Emmaüs.

Comment faire une ville à partir d’une telle configuration ?

 

Grande-Synthe camp2« A Grande Synthe, dès le deuxième jour, les appropriations, les customisations, les transformations de maison ont pris place. Comme si les cabanes en bois de MSF n’étaient là que pour donner un cadre, une trame à ce qui doit ensuite advenir. La vie a pris place, les marques se prennent, avec cette scène surréaliste d’une partie de tennis à dix joueurs ! » Photo et légende Actes et Cités.