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Les occupant-e-s du campement qui s’était formé à proximité de la station de métro Stalingrad à Paris ont été expulsé-e-s ce matin. Il s’agit de la 18e évacuation de campement ou de squat d’exilé-e-s à Paris depuis le mois de juin, selon l’Agence France Presse.

http://www.leparisien.fr/societe/paris-nouvelle-evacuation-d-un-camp-de-migrants-au-metro-stalingrad-30-03-2016-5672123.php#xtor=RSS-1481423633

http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/30/campement-migrants-paris-evacuation-immigration_n_9570578.html

Le scénario est le suivant : les exilé-e-s qui arrivent à Paris se retrouvent à la rue, faute de lieu d’accueil. Ils et elles se regroupent, un campement ou un squat se forme. Puis vient l’expulsion. Les personnes qui sont dans le squat ou le campement au moment de l’arrivée de la police sont dispersées dans toute l’Île-de-France dans des lieux d’hébergement très variables quant à leur accessibilité, leur qualité, la possibilité d’accéder à une information sur ses droits (ce qui rappelle les « centres de répit » créés pour les exilé-e-s de Calais et Grande-Synthe – voir ici, ici, ici et ). Les personnes qui n’étaient pas sur place au moment de l’expulsion restent à la rue, et sont chassées par la police de lieu en lieu pour éviter qu’un nouveau regroupement ne se constitue. De nouvelles personnes arrivent à Paris et se retrouvent à la rue. Peu-à-peu, un nouveau campement ou squat se reforme. Et vient une nouvelle expulsion. Et on recommence. Sachant que pour être relogées, les personnes doivent à un moment se regrouper, lorsque la chasse à l’homme pour les maintenir dispersées le permet.

C’est le non-accueil, version parisienne.

Cette fois-ci, le campement de Stalingrad avait rapidement grandit en raison de la destruction de la partie sud du bidonville de Calais (voir ici, ici, ici et ), quelques centaines de personnes s’étant repliées sur Paris dans l’attente que la violence soit moindre à Calais ou de possibilités de tenter leur chance par d’autres lieux de passage.