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Alors que le président de la république vient d’annoncer que la politique de violence de l’État continuerait à Calais, on ne peut que constater que ce genre de proclamation tourne le dos au réel, et ne va conduire qu’à la reproduction, coûteuse et douloureuse, de l’échec.

La migration est une respiration des sociétés humaines, lorsque se fait sentir la nécessité ou l’aspiration à construire son avenir ailleurs. Respiration nécessaire pour des sociétés des Balkans, du pourtour méditerranéen ou au-delà qui n’offrent pas de perspectives suffisantes à leur population, respiration forcée pour les personnes qui fuient la guerre ou la dictature et ne peuvent construire leur avenir dans des camps de réfugié-e-s ou d’autres situations précaires.

Depuis la fermeture du Centre de Sangatte en 2002, les autorités s’attachent à rendre la vie des exilé-e-s à la frontière britannique aussi difficile que possible, sans succès. Ils et elles sont toujours là. Les difficultés mises sur leur chemin rendent le passage plus difficile et suscitent de nouvelles stratégies.

Ils et elles prennent aussi la parole dans l’espace public, pour exprimer leur révolte et leurs revendications, la dernière en date de ces manifestations étant la grève de la faim face à la destruction de la partie sud du bidonville (voir ici, ici, ici, ici et ).

Malgré la répétition qui semble sans fin des situations de violence la solidarité ne se dément pas dans la longue durée et fait montre d’une capacité de renouvellement permettant de dépasser l’adversité, les divisions, les égarements. En 2013 les saillies xénophobes de la maire de Calais et l’apparition du groupe d’extrême-droite Sauvons Calais amènent des Calaisien-ne-s à franchir le pas de l’engagement, en 2014 Emmaüs mobilise tout son réseau pour répondre à l’augmentation du nombre d’exilé-e-s, en 2015 de la larges réseaux se mobilisent autour du bidonville voulu par les autorités, d’abord en France puis à partir de l’été dans d’autres pays d’Europe.

Face à la politique de la désespérance du gouvernement et au harcèlement policier, Calais persiste à être un épicentre de la solidarité, où l’hospitalité s’invente de palettes et de bâches, avec obstination.

 

0000172014. Face à des expulsions de campements à la fin du mois de mai, des exilé-e-s occupent le lieu aménagé pour la distribution des repas pour faire valoir leurs revendications. Une assemblée générale. Photo Loup Blaster http://loupblaster.tumblr.com