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Quel point commun entre un squat ouvert dans un hôtel abandonné d’Athènes, un autre dans un ancien lycée parisien lui aussi abandonné (http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/c-est-ca-la-france-des-migrants-occupent-un-lycee-a-paris-pour-interpeller-l-etat_1423403.html et https://www.facebook.com/383876428489763/photos/pcb.483739728503432/483738101836928/?type=3&theater) , un troisième dans les anciens locaux tout aussi désertés d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale à Calais ?

En Grèce, entre quarante-cinq et cinquante mille personnes sont bloquées par la fermeture des frontières des Balkans. Une partie sont dans des camps souvent sommaires mis en place par l’État, les autres sont dans des campements improvisés, comme au Pirée ou à Idomeni. Un collectif de solidarité avec les exilé-e-s l’a occupé, pour mettre à l’abri des personnes, mais aussi pour interpeller sur la situation.

À Paris, la même politique de non-accueil se continue. Les exilé-e-s s-ont laissé-e-s à la rue. Lorsqu’un campement s’installe et dure un certain temps, il est évacué et ses habitant-e-s dispersé-e-s dans des lieux d’hébergement dans toute l’Île-de-France et au-delà. Depuis des mois, des exilé-e-s dorment sous le viaduc du métro aérien près de la station Stalingrad, d’où ils et elles ont déjà été expulsé-e-s plusieurs fois. L’occupation du Lycée Jean Jaurès a les mêmes buts : mise à l’abri, mais aussi dénonciation de la situation et interpellation des pouvoirs publics.

Un autre point commun, l’autogestion de ces lieux, la prise de décision en commun, ce ne sont pas des espaces d’assistanats mais des espaces construits ensemble.

L’ouverture du squat du Moulin Blanc à Calais faisait suite à la destruction de la partie sud du bidonville qui s’est construit sur le terrain où les exilé-e-s avaient été regroupé-e-s il y a un an, et aux menaces de destruction qui pèsent sur la partie nord. Le rôle de cette ouverture était uniquement d’interpellation : le squat a été évacué dans la journée-même. Mais les autres squats ouverts par des militant-e-s à Calais ont été aussi des expériences d’autogestion, montrant qu’il est aussi possible de faire avec, et pas seulement faire pour dans une attitude surplombante.

À défaut de politiques publiques d’accueil, ce sont ces lieux, précaires, qui marquent l’hospitalité au long de la route des exilé-e-s.

 

Revendications JaurèsLes premières revendications des exilé-e-s occupant le lycée Jean Jaurès à Paris.

AG JaurèsCompte-rendu d’assemblée générale, le lieu de décision collectif.