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Cela faisait l’objet de pression et de débat depuis des mois au Royaume-uni : que le gouvernement décide d’accueillir trois mille mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s déjà présent-e-s en Europe. La décision de principe vient d’être prise, sans toutefois préciser le nombre de mineur-e-s concerné-e-s. Alors, c’est la fête pour les mineur-e-s présent-e-s en Grèce, en Italie ou en France. À un adjectif près, il faut qu’ils et elles aient été enregistré-e-s avant le 20 mars. En Italie ou en Grèce, des mineur-e-s ont été enregistré-e-s dans les hotspots créés par l’Union européenne, il y a donc une chance à condition qu’ils et elles soient encore suivi-e-s un mois après. Mais en France, qui enregistre les mineur-e-s qui sont à la rue ou dans les campements de Paris ou à la frontière britannique ?

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/05/04/londres-accepte-d-accueillir-des-enfants-refugies-syriens-deja-presents-en-europe_4913896_3214.html

C’est la portée réelle de ce « enregistré-e-s avant le 20 mars » que des journalistes soucieux d’informer leurs lecteurs auraient dû interroger plutôt que de reproduire simplement l’annonce des autorités britanniques, le Guardian de son côté s’interrogeant sur l’effectivité de cette mesure si aucun moyen supplémentaire n’est donné aux collectivités locales qui seront responsable de cet accueil sur le sol britannique :

http://www.theguardian.com/commentisfree/2016/may/04/the-guardian-view-on-camerons-offer-to-refugee-children-its-the-least-he-could-do

À Calais, la préfecture a été condamnées par le tribunal administratif, jugement confirmé par le Conseil d’État, à recenser les mineur-e-s présent-e-s dans le bidonville et à saisir en conséquence l’Aide Sociale à l’Enfance du Pas-de-Calais. Il y a bien eu quelques maraudes, mais aucun changement n’en a découlé quant à la situation des mineur-e-s.

Les associations ont du coup saisi à nouveau le tribunal administratif de la situation de certains de ces mineurs. Fort opportunément, la préfecture est arrivée à l’audience avec des ordonnances provisoire de placement concernant justement ces mineurs-là, le tribunal s’en est contenté sans vérifier si derrière les papiers il y avait une prise en charge réelle de ces jeunes. Et dans la réalité il n’y avait effectivement rien. Mais peut-être ces jeunes-là seront-ils considérés comme enregistrés, et pourront-ils bénéficier de la mesure annoncée par les autorités britanniques et accéder ainsi légalement au Royaume-uni. Si on n’a pas perdu leur trace depuis, et si les autorités françaises font le nécessaire.

Des mineurs sont hébergés dans le camp de container (voir ici et ), illégalement comme l’a souligné le Défenseur des Droits, mais du coup ils sont enregistrés, et il y a peut-être une chance, si les autorités françaises le veulent bien.

Mais tou-te-s les autres ? Mais les jeunes filles mineures qui se font enregistrer comme majeures pour accéder au lieu de mise à l’abri des femmes et des enfants qui existe au Centre Jules Ferry, à côté du bidonville ? Celles et ceux des campements de Grande-Synthe, Norrent-Fontes, Roscoff, Angres et ailleurs, des rues de Paris et d’autres villes ?

Rien. Et la date du 20 mars empêche qu’on enregistre maintenant les mineur-e-s pour leur permettre de parvenir légalement au Royaume-uni.

Alors pas de chance les mômes, comme les autorités françaises ne respectent ni les jugements de leurs propres tribunaux ni leurs propres lois, vous pourrez continuer à risquer votre peau à monter dans des camions, et vous faire tabasser ou gazer par des policiers mal lunés.

Elle est pas belle la France ?

 

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