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Dans une situation d’abondance, il y a toujours des gens qui voudront avoir plus. Mais dans une situation de rareté de ressources de base, les situations se tendent autour de l’accès à ces ressources, et peuvent entraîner des violences. C’est ce qui arrive à Calais, où l’État a mis en place des moyens volontairement sous-dimensionnés, et où les associations doivent compenser cette insuffisance par une action basée avant tout sur les dons et le bénévolat.

Qu’il s’agisse des repas, des douches, de la mise à l’abri des femmes à l’intérieur du centre Jules Ferry ou du camp de container, tout a été conçu pour un nombre de personnes très inférieur au nombre réel de personnes présentes sur le site. Qui plus est, les moyens mis en place par l’État rendent les personnes dépendantes là où une action plus intelligente favoriserait l’autonomie.

Un exemple typique est la gigantesque mais insuffisante soupe populaire servie au centre Jules Ferry. Insuffisante, puisque un repas par jour est servi, et que le nombre de repas correspond à la moitié de la population concernée. Gigantesque, puisqu’il s’agit de gérer une file d’attente de plusieurs heures et de plus de deux mille personnes.

Le nombre d’habitant-e-s du bidonville augmente, reflet de la reprise des traversées par la Méditerranée centrale, entre la Libye et l’Italie. L’État est dans le déni, puisqu’il doit fournir des chiffres concernant le nombre d’habitant-e-s montrant l’efficacité de son action visant à faire partir les gens de Calais. L’impératif de propagande empêche la prise en compte de la réalité.

L’arrivée de ces nouvelles personnes font évoluer la population du camp. Alors que les Afghans étaient le groupe principal, à-peu-près le tiers de la population, ce sont principalement des Africains de l’est, notamment des Soudanais, qui arrivent aujourd’hui, et qui doivent se faire une place pour un accès difficile aux trop rares ressources de base.

Alors, les tensions s’accumulent et conduisent à l’explosion. Bilan de celle d’hier : entre une quarantaine et une soixantaine de blessé-e-s selon les sources, cent vingt personnes dont les cabanes ont brûlé. L’État montre qu’il fait quelque chose, mais il ne suffit pas de s’agiter après coup : c’est toute l’approche de la présence des exilé-e-s dans le Calaisis qui est à revoir.

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-apres-la-violente-rixe-de-jeudi-soir-ia33b48581n3532428