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Grande-Synthe, au sud-ouest de Dunkerque https://goo.gl/maps/vwn1jV6dJFM2. Le petit campement qui abritait de 20 à 80 exilé-e-s en accueille à l’automne 2015 plusieurs centaines, puis jusqu’à trois mille, dans des conditions désastreuses. La municipalité prévoit tout d’abord d’installer des pré-fabriqués pour héberger les personnes dans de mauvaises conditions, puis renonce, ne pouvant suivre l’augmentation trop rapide du nombre de personnes. Elle installe néanmoins des douches et des sanitaires, mais en nombre insuffisant. Les intervenants associatifs s’aperçoivent assez rapidement qu’un groupe contrôle l’accès aux douches et fait payer les exilé-e-s pour y accéder. Il faudra toute une organisation de la part des associations pour rétablir un accès plus équitable.

Téteghem, au nord-est de Dunkerque https://goo.gl/maps/UDVFmpf3RQ72. Le maire veut limiter le nombre d’exilé-e-s présent-e-s dans le campement qui se trouve sur le territoire de la commune à quatre-vingts personnes. En 2014, le nombre d’habitant-e-s du campement augmente de manière importante. La mairie installe un camp de containers de 80 places, et le campement est rasé. Dans les faits, les personnes ne disparaissent pas. Un campement se reconstitue dans les bosquets, beaucoup plus précaire que le précédent, où les associations avaient amélioré les conditions de vie. Et les « passeurs » font payer les places, plus confortables, dans les containers de la municipalité. À l’automne 2015, le nombre d’habitant-e-s du campement de Téteghem augmente jusqu’à atteindre plusieurs centaines de personnes. Après plusieurs destructions d’abris, le campement est détruit et le camp de containers fermé le 18 novembre.

La rareté de ressources vitales n’entraîne pas seulement des tensions qui peuvent se traduire par des explosions de violence, comme on l’a vu à Calais jeudi dernier. Elle favorise le racket si un groupe peut contrôler l’accès à ces ressources. Et les personnes dont les exilé-e-s dépendent pour passer la frontière sont bien placées pour imposer ce contrôle de l’accès aux ressources et pratiquer ce racket. En rendant plus difficile le franchissement de la frontière et en maintenant les exilé-e-s dans une situation d’insécurité et de précarité matérielle, les autorités accroissent le pouvoir des « passeurs » et multiplient les occasions pour ceux-ci de s’enrichir (voir ici et ).

Pour ce qui est des tensions de jeudi à Calais, dès vendredi les imams et anciens afghans et soudanais se sont réunis pour parvenir à une réconciliation et ont réussi à apaiser les tensions. La partie du bidonville qui a brûlé est en cours de reconstruction, si la police, comme elle le fait souvent, ne bloque pas l’apport de matériaux de construction. Les exilé-e-s savent résoudre leurs problèmes, et les associations peuvent les soutenir, quand les autorités ne viennent pas aggraver la situation.