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Les campements, squats, camps d’exilé-e-s que nous voyons à la frontière britannique sont liés de manière privilégiée à un mode de franchissement de la frontière qui consiste à se cacher dans des véhicules, généralement des camions, le plus souvent à l’insu du conducteur. Quelqu’un qui veut aller au Royaume-uni en utilisant un faux passeport n’a pas besoin de venir à Calais. D’où la localisation de ces lieux de rassemblement dans les ports où il y a des liaisons ferry vers le Royaume-uni, c’est-à-dire où des véhicules traversent sur des bateaux, et près des parkings autoroutiers en amont de ces ports, en France et en Belgique. Calais concentre 95% du trafic camion entre le continent et le Royaume-uni, par les ferries et par la Tunnel sous la Manche, d’où son rôle particulier par rapport à ce mode de franchissement de la frontière.

Ce sont ces regroupements de personnes qui rendent le phénomène visible. Celles qui tentent de passer la frontière avec un faux passeport n’apparaissent que dans les statistiques de police, et seulement si elles sont prises. Les tentatives réussies, par définition, ne laissent pas de trace.

Un autre mode de passage acquiert en ce moment une visibilité, avec l’utilisation de petites embarcations, soit pour traverser vers le sud de l’Angleterre là où le bras de mer est le plus étroit, à partir du nord de la France ou du sud de la côte belge, soit pour traverser vers les îles Anglo-normandes à partir du Cotentin ou de la Bretagne.

S’il s’avère efficace, ce mode de passage est destiné à se développer : il y a eu depuis l’automne 2013 une forte augmentation du nombre de personnes du nombre de personnes essayant de passer par les camions, et une augmentation des contrôles dans les principaux ports où existent des liaisons ferry et aux accès du Tunnel sous la Manche. Assez logiquement les personnes vont se tourner vers d’autres moyens de passer la frontière.

On peut se dire intuitivement que ces passages par petites embarcations concernent beaucoup moins de personnes que ceux par camion, mais on n’a connaissance que des embarcations interceptées en mer, souvent à l’occasion d’opérations de sauvetage, ou de passeurs arrêtés. On n’a pas d’idée du nombre de tentatives réussies.

Un exemple récent en date :

http://www.infonormandie.com/Trois-migrants-dans-un-canot-pneumatique-pres-de-sombrer-secourus-au-large-du-Pas-de-Calais_a13007.html

https://www.theguardian.com/uk-news/2016/jun/11/border-force-three-iranian-men-boat-hastings

 

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