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D’un côté le gouvernement promet aux associations que les exilé-e-s qui choisiront de partir en « centre de répit » (ou Centre d’Accueil et d’Orientation – voir ici, ici, ici et ) ne seront pas expulsés de France en application du règlement Dublin III, c’est–à-dire lorsque ces personnes demandent l’asile en France mais que ce règlement européen détermine qu’un autre pays est responsable de leur demande (le plus souvent parce que les autorités de ce pays auront pris leurs empreintes digitales). De l’autre côté, ce même gouvernement envoie une circulaire aux préfets (voir ici et ) leur disant d’appliquer le règlement Dublin III et d’expulser les demandeur-se-s d’asile concerné-e-s. Et concrètement, les pratiques varient d’une préfecture à l’autre, certaines expulsent ou tentent de le faire, d’autres ne le font pas.

Mais à Calais les agents de la préfecture chargés de remplir les bus en partance pour les « centres de répit » font croire aux exilé-e-s qu’il n’y a pas de risque d’expulsion s’ils font le choix de s’y rendre.

Résultat : aux centres de rétention du Mesni-Amelot, près de Paris, et de Rennes, des demandeurs d’asile soudanais qui étaient partis en centre de répit risquent sont enfermés en vue de leur expulsion en vertu du règlement Dublin III, ainsi qu’en témoigne la Cimade.

 

http://www.lacimade.org/presse/des-soudanais-trompes-a-calais-risquent-lexpulsion/

« Des Soudanais trompés à Calais risquent l’expulsion

15 juin 2016

La Cimade demande leur libération immédiate, l’accès à la procédure d’asile française et leur prise en charge dans un centre d’accueil pour demandeur d’asile. Au-delà de leur situation, La Cimade réitère la demande portée par la Coordination française pour le droit d’asile de suspendre l’application du règlement Dublin.

Deux ressortissants soudanais sont enfermés au centre de rétention du Mesnil-Amelot alors qu’ils demandent l’asile en France.

Tous deux ont fui le Soudan où ils étaient persécutés. Leur périple les conduit en Russie, puis en Norvège et enfin à Calais car ils souhaitaient gagner le Royaume-Uni.

En janvier, des personnes qu’ils identifient comme étant des « agents de la préfecture » leur proposent de quitter Calais pour un centre d’accueil et d’orientation (CAO) du Loiret, avec une promesse : leur demande d’asile pourra être examinée en France.

Cependant les intéressées ont fait l’objet d’une procédure Dublin. En effet, les autorités norvégiennes ont pris leurs empreintes digitales et peuvent être considérées comme responsables de leur demande d’asile dans le cadre de ce règlement. Tous deux savent qu’ils peuvent être « dublinés », c’est-à-dire renvoyés de force en Norvège.

L’instruction du 7 décembre 2015 prévoit que le préfet peut appliquer le règlement Dublin, mais sans qu’aucune mesure de contrainte ne soit prise contre les personnes prises en charge dans les CAO. Et pourtant, le préfet du Loiret a orienté les deux Soudanais vers un autre hébergement pour pourvoir les assigner à résidence, puis les enfermer en centre de rétention.

Cette pratique, déloyale, a déjà été constatée à Toulouse, Dijon ou Caen et remet en cause la promesse formulée par les autorités à Calais.

La Cimade demande leur libération immédiate, l’accès à la procédure d’asile française et leur prise en charge dans un centre d’accueil pour demandeur d’asile.

Au-delà de leur situation, La Cimade réitère la demande portée par la Coordination française pour le droit d’asile de suspendre l’application du règlement Dublin. »

 

http://www.lacimade.org/au-centre-de-retention-de-rennes-aussi-une-personne-soudanaise-est-en-voie-dexpulsion-alors-quelle-etait-hebergee-dans-un-centre-daccueil-et-dorientation/

« Au centre de rétention de Rennes aussi, une personne soudanaise est en voie d’expulsion alors qu’elle était hébergée dans un centre d’accueil et d’orientation

Comme au centre de rétention du Mesnil-Amelot (voir notre communiqué de presse), un ressortissant soudanais est enfermé au centre de rétention de Rennes depuis le 13 juin 2016.

Ce Monsieur a fui le Soudan en janvier 2013. Entré en Italie en mars 2015, où ses empreintes ont été relevées sous la contrainte. Il a rejoint la France en juillet 2015 pour Calais avec pour objectif d’atteindre le Royaume Uni. Malgré les promesses auxquelles il a cru en quittant Calais pour un Centre d’Accueil et d’Orientation en Vendée (Fontenay le Comte) afin que sa demande d’asile soit examinée en France, il a été arrêté à la préfecture où il était convoqué le 13 juin dernier.  Alors que plusieurs de ses compatriotes dans la même situation que lui ont vu leurs demandes d’asile prises en charge par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, lui a été interpellé et placé en rétention pour être renvoyé en Italie.

Cette pratique, déloyale, a déjà été constatée à Toulouse, Dijon, Caen et Orléans et remet en cause la promesse formulée par les autorités à Calais.

La Cimade demande sa libération immédiate, l’accès à la procédure d’asile française et leur prise en charge dans un centre d’accueil pour demandeur d’asile.

Au-delà de leur situation, La Cimade réitère la demande portée par la Coordination française pour le droit d’asile de suspendre l’application du règlement Dublin. »