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La maire de Paris avait annoncé la création d’un ou plusieurs camps de réfugiés dans la capitale pour rompre avec le cycle des campements indignes expulsés puis se reconstituant. Puis l’horizon pour l’ouverture du premier camp est devenu le mois de septembre. Certes, on peut se donner le temps de réfléchir à un projet pour le bien faire. Mais…

Mais les exilé-e-s arrivent déjà en plus grand nombre à Paris, non pas en raison des beaux jours, mais parce que la Méditerranée est navigable avec moins de risques, que des chemins ont été trouvés à travers les Balkans. Ça a pour conséquence l’accélération de la rotation des campements et de leur expulsion dans un périmètre réduit, entre le viaduc du métro aérien, stations La Chapelle ou Stalingrad, les Jardins d’Éole, la Halle Pajol (voir ici, ici, ici, ici et ).

Accélération qui mène nécessairement à une impasse. Les CADA (Centres d’Accueil des Demandeurs d’Asile) sont pleins, le système dérogatoire des « centres de répit » (voir ici, ici, ici, ici et ), vers lequel sont dispersé-e-s les exilé-e-s de Calais, Grande-Synthe ou Paris, s’essouffle donc. Tandis que les obstacles à l’accès à la procédure d’asile mis en place par le gouvernement à Paris comme et sans doute plus qu’ailleurs, persiste et maintient les personnes à la rue.

C’est donc maintenant, à très court terme, qu’il y aurait besoin de solutions d’urgences.

D’un autre côté, la mairie de Paris ouvre un système de mise à l’abri des exilé-e-s pour la période hivernale, imparfait parce que sous-dimensionné, limité à un hébergement de nuit avec remise à la rue des personnes pendant la journée, et géré plus comme un stockage de personnes qui ne sont ainsi plus visibles à la rue que comme un réel dispositif d’accueil, avec ce que ça veut dire d’humanité et d’ouverture de perspectives d’avenir.

Et pourquoi prévoir des camps de réfugié-e-s plutôt qu’activer dès maintenant ce dispositif pour faire face à l’urgence ? Et que signifie l’ouverture en septembre d’un camp de réfugié-e-s sous tente quand ce dispositif doit être activé en novembre ? Le camp de tentes va-t-il sonner la fin de l’hébergement en dur ?

En clair, l’annonce différée de la création de centres de réfugié-e-s à Paris signifie-t-elle en fait une amélioration ou une dégradation de leur accueil d’urgence ? Et ouvre-t-elle des possibilités nouvelles aux personnes souhaitant construire leur vie en France ?

Tous ces sujets restent en suspens, tandis que s’affiche en miroir la politique de non-accueil du gouvernement français.