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En réponse à la note que le sous-préfet de Dunkerque a fait afficher au camp de réfugié-e-s de Grande-Synthe, une autre note, signée par la mairie et par Médecins Sans Frontières, qui est une réponse point par point à celle du sous-préfet.

Elle rappelle tout d’abord que le camp a été créé par Mairie et Médecins Sans Frontières – l’État n’y a eu aucune part. Elle pose comme règle que l’accueil n’est pas lié au dépôt d’une demande d’asile, le camp a d’abord permis « aux réfugiés vivant dans le camp du Basroch de bénéficier de meilleures conditions de vie » (les habitant-e-s de l’ancien campement, où les conditions de vie étaient particulièrement difficiles, avaient ainsi déménagé dans le nouveau camp en mars 2016), qu’il s’adresse aux « personnes en voie de migration », que ses équipements sont « ouverts à tous, sans distinction » – ce qui renvoie à la tentation de l’État d’exclure les personnes ne demandant pas assez vite l’asile, mais aussi à celle de « passeurs » de racketter les personnes voulant accéder aux services qui leur sont adressés gratuitement.

Elle définit, et donc circonscrit, le rôle de différents acteurs, l’AFEJI comme « régisseur du camp », la police pour « garantir la sécurité » et « garantir la tranquillité publique » – et donc pas procéder à des contrôle d’identité et vérifier le droit au séjour des habitant-e-s. Des règles sont énoncées pouvant justifier l’exclusion du camp, liées « au respects des biens et des personnes » et à a violence.(voir i

Elle énonce des droits pour les habitant-e-s du camp : « l’accès à un abri, à la protection, l’hygiène, aux repas, aux soins, à l’éducation, à la culture, l’accès à une information juridique neutre et impartiale. » Ce dernier point résonne particulièrement quand le sous-préfet annonce que 99 % des personnes partant en « centres de répit » obtiennent l’asile en France, donnant le diapason du mensonge aux services qui sont sous sa dépendance (voir ici, ici, ici, ici et ).

Concrètement, le camp de réfugié-e-s de Grande-Synthe ne peut pas reposer financièrement sur la seule municipalité. L’annonce d’un financement de l’État lors de la visite des ministres de l’intérieur et du logement pose la question de la mainmise de l’État sur le camp et de l’impact sur ses habitant-e-s de la politique xénophobe du présent gouvernement (voir ici et ). Ces affichages de note et contre-note sont à lire dans ce contexte.

 

Grande-Synthe réponse mairie - MSF