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Dans les lieux plus discrets que Calais et Grande-Synthe, les campements qui existent dans les ports et à proximité des parkings autoroutiers en amont du littoral, prévaut toujours la politique de déguerpissement mise en place avec la fermeture en 2002 du camp de Sangatte.

Ainsi Dieppe a connu le 29 juin une nouvelle expulsion, concernant cent vingt personnes, dont la plupart s’étaient dispersées dans les jours précédant cette évacuation annoncée.

https://www.facebook.com/refugiestransmanchedieppe/

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/dieppe/dieppe-76-les-migrants-albanais-s-eparpillent-dans-la-nature-1033461.html

La situation à Dieppe (voir ici, ici et ) fait de plus en plus penser à Calais. L’expulsion a été suivie d’une chasse dans la ville pour empêcher les personnes de se poser. Des grilles sont installées autour du site évacué pour empêcher une éventuelle réinstallation sur le site. Les expulsions sont accompagnées d’une rhétorique xénophobe de la part des autorités, notamment du maire communiste, portraiturant les exilé-e-s comme une « mafia albanaise ». L’extrême-droite entre dans le jeu, avec une manifestation de PEGIDA France, branche française d’un mouvement islamophobe né en Allemagne.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/seine-maritime/dieppe/dieppe-le-rassemblement-anti-migrants-de-pegida-sans-debordements-1039597.html

La situation des exilé-e-s albanais-e-s est particulière, ce qui explique sans doute la rhétorique xénophobe utilisée à leur encontre. Les ressortissant-e-s albanais-e-s sont dispensé-e-s de visa pour un court séjour (moins de trois) dans l’espace Schengen à condition de posséder un passeport biométrique, et sont donc en situation régulière sur le sol français (sous réserve d’assurance, moyens de subsistance, questions administratives sur lesquelles les autorités peuvent jouer pour les expulser). L’Albanie a entamé les démarches d’adhésion à l’Union européenne. Les Albanais-e-s représentent près de 10 % des personnes expulsées depuis la métropole, devenant une nationalité permettant de faire du chiffre comme ont pu l’être les Roumain-e-s avant l’adhésion de leur pays à l’Union européenne (ceci dit les Roumain-e-s représentent encore en 2015 6 % des expulsions depuis la métropole).

À Cherbourg, les exilés avaient pu être mis à l’abri pendant l’hiver dans un local désaffecté mis à disposition par le diocèse. Ce local a été mis en vente, et on en est revenu à la précarité des campements, et aux expulsions en série. Le 7 juillet, les exilés ont connu leur troisième expulsion depuis trois mois.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-camp-de-migrants-installe-tourlaville-evacue-ce-jeudi-matin-1467886869

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, après l’expulsion du campement de Choques le 1er juin (voir ici et ), ceux de Norrent-Fontes et de Steenvoorde sont à leur tour menacés.

 

Dieppe grillagesDieppe, grillages autour d’un lieu où s’étaient abrité des exilés après leur expulsion. C’est comme à Calais. Photo Itinérance Dieppe.