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Norrent-Fontes, village du Pas-de-Calais à proximité d’un parking d’autoroute, où des exilé-e-s essayent de monter dans des camions pour passer au Royaume-uni. Un campement maintes fois évacué et détruit, jusqu’à ce qu’en 2008 il s’installe sur un terrain municipal. Le maire d’alors favorise l’amélioration des conditions de vie. En 2012, des cabanons sont construits. 2014, changement de maire, celui-ci est hostile. Lorsque deux cabanons sont détruits par un incendie, il menace de poursuite l’association Terre d’Errance qui veut les reconstruire (voir ici, ici et ). Un campement de tentes s’installe sur un terrain voisin.

Le 24 juin dernier, les habitant-e-s du campement reçoivent par voie d’huissier une assignation dans le cadre d’une procédure d’expulsion lancée à la fois par le maire et ar les propriétaires du terrain voisin. L’audience, reportée, est prévue pour le 27 juillet.

Terre d’Errance et les autres associations intervenant auprès des habitant-e-s du campement invitent à écrire au maire et aux conseillers municipaux pour leur demander de renoncer à la procédure d’expulsion.

 

Vous pouvez télécharger une proposition de lettre ici.

À envoyer à la mairie, 2 rue du 11 novembre, 62120 Norrent-Fontes.

 

Voici le communiqué publié par les associations :

https://www.facebook.com/terrederrance/

« Norrent-Fontes: le cycle des expulsions ne doit pas reprendre.

Depuis la fin des années 90, des réfugiés fuyant les guerres et dictatures d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan survivent dans les villages proches de l’aire de services de Saint-Hilaire-Cottes, sur l’A26, pour tenter d’entrer dans les camions en partance vers la Grande-Bretagne.

Vendredi 24 juin 2016, des huissiers sont venus sur le campement de Norrent-Fontes pour remettre aux exilé-es une assignation en référé à comparaître au tribunal de Grande Instance de Béthune à l’initiative, d’une part, de la commune pour la parcelle communale, et d’autre part, des multi-propriétaires pour la parcelle agricole. Cette assignation informait en effet les exilé-es présent-es qu’une procédure était en cours, celle-ci ayant pour objet leur expulsion et la destruction de leur lieu de vie.

Pourquoi maintenant ?

Rien n’explique cette décision soudaine. Une partie des terrains est occupée depuis 2008 et aucun événement notable ne s’est récemment produit.

Notons que, ces trois dernières années, l’État a financé des postes de travailleurs sociaux auprès des exilés. Nous notons que cette procédure survient dix jours après la fin de leur mission.

Que risque-t-il de se passer si l’expulsion est ordonnée ?

Comme toujours et partout depuis la destruction du camp de Sangatte, le cycle destructions / errance va reprendre :

Dans un premier temps, une partie des migrants se déplacera certainement à Calais, où les conditions sont encore plus difficiles et largement dénoncées par de nombreux rapports officiels (Défenseur des Droits, Unicef, Médecins Sans Frontière).

L’aire de l’autoroute de Saint-Hilaire Cottes continuera à être un lieu incontournable pour essayer de passer en Angleterre. Une partie des exilés reviendrait donc tenter de survivre dans les environs : l’expulsion ne fera que déplacer le problème en l’aggravant.

Il est regrettable que les autorités locales et préfectorales ne comprennent pas cela et s’en tiennent au discours facile et populiste de la destruction des abris, comme si les personnes qui survivent dans ces abris disparaissaient en même temps que les palettes, les bâches et les couvertures données par les habitants alentours.

En les expulsant de leurs abris d’infortune sans proposer de solutions réalistes, les autorités abîment un peu plus des personnes déjà très éprouvées par la vie.

Cela détruit l’idée même du droit d’asile ainsi que celle du vivre ensemble.

Nous demandons aux autorités et collectivités locales concernées par la présence de campements d’infortune d’ouvrir les yeux sur les conséquences des décisions qu’elles prennent en ne pensant qu’à court terme.

Nous demandons aux autorités d’ouvrir des discussions incluant l’ensemble des acteurs concernés: élus, exilés, associations, ainsi que les services publics de santé, de sécurité et d’accompagnement social. Des discussions qui auraient pour but de faire enfin respecter les droits fondamentaux de tous et de toutes et de sortir de cet engrenage couteux pour tous et à tous niveaux.

Nous continuerons à soutenir les exilés et à leur fournir de quoi s’abriter de la pluie et du vent, où qu’ils soient, et ceci tant que l’État ne se montrera pas responsable et respectueux de leurs droits fondamentaux.

Associations signataires :

Arras Solidarité Réfugiés – Barlin et Réfugiés – La Brique – ECNou – Gynécologues Sans Frontière – Secours Populaire de Vendin – Terre d’Errance »

Campement Norrent-FontesUn cabanon du campement de Norrent-Fontes. Photo Terre d’Errance.