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Le vote pour le Brexit n’a pas d’effet automatique sur la frontière franco-britannique, qui est régie par des accords bilatéraux qui ne sont pas liés à l’appartenance ou non du Royaume-uni à l’Union européenne. Mais il aura un impact sur l’économie française, la France ayant une balance commerciale largement excédentaire avec son voisin. Une contraction de la demande ou une basse du cours de la livre sterling aura donc un impact sur l’emploi en France.

D’autre part, les politiques militaires, sécuritaires et anti-migratoires européennes ont été largement impulsées dans la durée par le couple franco-britannique.

Quand la chancelière allemande dit qu’il faut prendre le temps d’analyser la situation, le président français cède à la panique. Il court à Berlin et au premier sommet européen venu pour demander des mesures anti-migratoires aggravées. Si le Brexit ne remet pas en cause automatiquement les accords franco-britanniques de gestion de la frontière, il ouvre une opportunité pour les renégocier, ce qui serait tout à l’avantage de la partie française. Aussitôt le ministre de l’intérieur et le président de la république ferment le débat et affirment qu’il n’y aura aucune renégociation.

Cette logique du déni de réalité, on ferme tout débat pour faire comme s’il ne s’était rien passé, serait simplement de l’immaturité politique si tout renforcement des politiques anti-migratoires n’avait pas un effet concret en terme de violence exercée sur les personnes aux frontières de l’Europe et à la frontière franco-britannique.

Et on constate déjà, à la frontière franco-britannique, une aggravation de la pression (voir ici, ici, ici, ici et ). Mais il est probable qu’elle aurait eu lieu si le résultat du référendum britannique avait été différent, le Royaume-uni voulant dans ce cas renégocier le régime d’exception dont il bénéficiait dans l’Union européenne.

Le président de la république avait annoncé sa visite à Calais et Grande-Synthe avant le 14 juillet, il semble que celle-ci soit reportée d’ici au 3 août.

À partir du moment où il n’annoncera pas une renégociation des accords franco-britanniques, ce qui aurait considérablement allégé la tension et ouvert la porte à la recherche de solutions dignes, que peut-il annoncer d’autre qu’une aggravation de la violence ?

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-francois-hollande-viendra-a-calais-apres-ia33b48581n3613664

 

Panique artique