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Saison après saison les campements continuent de se succéder à Paris, selon le même processus : un campement insalubre se forme, des solidarités se mobilisent, l’expulsion arrive et les habitant-e-s sont dispersé-e-s dans des lieux de relogement (voir ici, ici, ici, ici et ), maintenant appelés comme pour Calais et Grande-Synthe Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO).

Le projet de la mairie de Paris de créer un ou plusieurs camps de réfugié-e-s a été reporté à septembre. Il s’agit de lieux d’attente d’une orientation vers les CAO. Il ne s’agit pas d’accueillir, mais de disperser ceux et celle dont la mairie de Paris décidément ne veut pas.

Sans résoudre les problèmes qui expliquent l’apparition de ces campements, mais en les masquant. Que l’État ne respecte pas la loi qui veut que le demandes d’asile soient enregistrées sous trois jours et les personnes ensuite orientées vers le dispositif d’accueil des demandeur-se-s d’asile. Que l’État ne mette pas en œuvre les moyens nécessaires pour faire face à la situation des sans-abris à Paris, qui nombreux, et il n’y a pas que les exilé-e-s.

Donc on masque, on disperse, et on ne résout pas. Et on éloigne des solidarités qui se créent autour des campements.

Un témoignage, sur un campement sous le métro aérien, près de la station de métro Jaurès, qui est près de la station Stalingrad, qui est près de la station La Chapelle, lieux où les campements se succèdent. Et des liens si vous souhaitez soutenir ou vous impliquer.

 

https://www.facebook.com/salamquandmeme/

« Ce soir 14 juillet 2016 ils sont arrivés au son des feux d’artifice. Deux familles et sept enfants se présentent à Jaurès, sous le métro, entre le 19ème et le 10ème arrondissements de Paris. Il est minuit. Un campement est né. Encore oui. Au beau milieu des déjà 500 autres réfugiés à même le sol, rangés comme des sardines dans leur sacs de couchage quand ce n’est pas juste un carton, on se débrouille, on accepte, on se chamaille, on se dispute, on se bat. On a faim. Soif. On attend devant France Terre d’Asile. Quel beau symbole de notre politique d’accueil des migrants en France. Certains ont peur de la suite. Et du son des feux d’artifice. Dans plusieurs villes en Allemagne les réfugiés ont obtenu l’annulation des feux d’artifice. Là-bas c’est une toute autre politique, avec ses bons côtés comme les cours d’Allemand et l’école immédiate, pas de camp de rue, ou encore le travail et un salaire au bout de 6 mois. C’est pour cela que le petit afghan de 6 ans parle déjà la langue.

Et puis dans la journée, 26 nouveaux jeunes mineurs avaient déjà débarqué. Au grand dame d’Agathe, chargée pendant cette période des accompagnements de mineurs par la bande. Et par Emmaüs aussi, officieusement, parce que non content d’être en sous-effectif ils sont aussi en vacances. Deux personnes en maraude chez Emmaüs pour tout gérer c’est impossible et tout le monde le sait. Comment suivre le rythme, que faire pour tous ces nouveaux malheureux combattants de la vie venus échouer sur nos bitumes crasseux? On dirait du Zola cette

histoire.On dirait pas en fait. C’est la vérité. Tout le monde se démmerde avec du rien, la force de résister, de vivre, d’aider aussi pour les soutiens que j’admire sincèrement. Bravo. Et nous, les gentils Français bisounours, nous sommes leurs malveillants malgré nous. Car on les refuses déjà en refusant de les voir. On ne va pas les voir. Il y a trop peu de soutiens. Comme le souligne une dame qui passe par là, avec sa fille en poussette, nous avons perdu nos valeurs civiques et nous préférons ne pas regarder parce que ça nous serait trop « violent ».

Et pour moi aussi. Quand ce jeune afghan vient vers moi en grelottant de froid, après deux jours passés dans un camion entre Vintimille et Paris, moi non plus, je ne réagit pas, et le laisse insulter la terre et le ciel en jetant son carton au sol. C’est comme ça ici, c’est ça la France mon gars, faut la mériter. Mais vraiment, hein.

Pour agir, vous pouvez venir sur le camp. Et/ou financer, amener des vêtements, de la nourriture, en passant par les collectifs qui sont facilement joignables. Par exemple :

– Cagnottes :
https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-refugie-e-s-de-paris
https://www.lepotcommun.fr/pot/grvg84ip
– Nourriture :
https://www.facebook.com/groups/organisationravitaillement/?fref=ts
et l’association au cœur de la précarité
– Vêtements :
Eglise St Bernard 12 rue St Bruno Paris 18, demandez Pedrohttps://www.facebook.com/pedro.p.naranjo?fref=ts
– Couvertures, tentes:
page fb de Maria Renon : https://www.facebook.com/profile.php
– Sanitaires/santé :
Collectif parisien de soutien aux exilé.e.s: https://www.facebook.com/Collectif-parisien-de-soutien-au…/…
Collectif « Les médecins migrateurs » : https://www.facebook.com/Les-M%C3%A9decins-Migrateurs-284…/…
– Juridique:
Aide matérielle et le soutien aux mineurs (TIMMY) et aux familles : www.exiles.org,
Permanences juridiques du BAAM les mardi, mercredi et vendredi 17h-20h Mairie du 4e
Permanences a l’Atmf, 10 rue Affre, les lundi et mercredi de 14h à 17h, pour information sur demande d’asile, documentation, conseils juridiques, avocat si besoin
… et aussi les cours de français, les sorties artistiques, les groupes d’expression théatrale : BAAM – Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants : https://www.facebook.com/baam.asso/?fref=ts »