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Ils avaient cru aux promesses des agents de l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) qu’ils ne seraient pas renvoyés dans le pays dans lequel on leur avait pris leurs empreintes digitales s’ils demandaient l’asile en France et partaient en « centre de répit », ou Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici, ici et ).

Le CAO de Cancale, sur la côte bretonne (https://goo.gl/maps/n5Jx7dWUGav), devait fermer avant le début de la saison touristique. Une exigence du maire, qui voulait bien des exilé-e-s, mais trouvait sans doute qu’ils feraient désordre quand les touristes seraient là.

Ce qui fut fait, les autorités ont procédé à la fermeture, et réparti les exilés dans d’autres structures. Et puis la préfecture a enclenché la procédure de renvoi vers le pays européen responsable de leur demande d’asile des personnes en procédure Dublin.

Des recours ont été fait pour tenter d’empêcher l’expulsion. Récit d’une militante venue en soutien.

 

« Une douzaine de soutiens de Cancale étaient présents à l’audience pour soutenir les exilés de Calais menacés de réadmission vers l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suisse. Quatre d’entre-eux étaient convoqués devant le TA de Rennes sur 11 migrants concernés par ces décisions.

L’avocate du premier requérant étant absente, la juge a délibéré aussitôt sans audience : Rejet de la requête. Mauvais présage pour les suivants…

Pour les 3 autres requérants, leur avocate a longuement expliqué les enjeux de cette audience, plus politiques que juridiques !

Elle a expliqué dans quel contexte avaient été créés les CAO pour désengorger la jungle de Calais. Elle a également rappelé les engagements de l’Etat (Circulaire du 7/12/15) en précisant que la décision contestée était « déloyale » et apparaissait comme une « trahison » par rapport aux promesses tenues aux migrants qui acceptaient la prise en charge en CAO.

Hormis ce contexte politique, l’avocate a expliqué dans quelles conditions ces décisions avaient été notifiées aux migrants le 23 juin dernier au guichet de la préfecture de Rennes. Il n’y avait pas d’interprète pour traduire la procédure et des menaces d’appeler la police ont été proférées envers ceux qui hésitaient à signer.

Malgré l’absence d’interprète, la juge a estimé que « cette irrégularité n’entachait pas d’illégalité la décision contestée » et a rejeté la requête. Le TA de Rennes a donc confirmé les décisions de réadmissions des 3 requérants vers les Pays-Bas et la Suisse.

A l’issue de l’audience, les migrants (1 Afghan et 2 Kurdes d’Irak) ont laissé éclater leur colère. Pour exprimer leur sentiment de trahison, ils ont téléphoné au responsable de l’OFII de Dunkerque qui leur avait promis que leur demande d’asile serait examinée en France sans appliquer le règlement Dublin.

Alors que l’Etat encourage la création de nouvelles places de CAO en France, cette décision risque fort de décourager les futurs volontaires qui ne se laisseront plus berner par les discours mensongers des représentants de l’Etat pour les inciter à renoncer à leur rêve d’Angleterre.

Certains d’entre-eux ont déjà repris la route pour Calais… »

 

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