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On s’en doutait avec les récentes opérations policières, accompagnées d’arrestations, contre les commerces et les restaurants du bidonville de Calais (voir ici, ici, ici et ). C’est officiel maintenant : la préfecture a saisi le tribunal administratif de Lille pour demander la destruction de ces commerces. L’audience  aura lieu le 10 août.

C’est déjà arrivé dans d’autres bidonvilles à l’écart du centre-ville, lorsqu’avec le temps la vie collective s’organise. Des personnes vont faire les courses en ville, et ouvrent une échoppe pour revendre les produits. Parfois des personnes préparent et ouvrent un espace de convivialité, restaurant ou salon de thé. C’était le cas dans le bidonville des Afghans en 2009, ou dans des campements évacués en 2015 pour concentrer les exilé-e-s sur le site du bidonville actuel, comme ceux de Tioxide ou du Bois Dubrûle.

Les choses été beaucoup plus rapidement concernant le bidonville actuel, et dès le mois d’avril des commerces et des restaurants se sont créés, parfois une réinstallation des campements précédents. Et ils se sont développés, accompagnant la croissance du bidonville et l’augmentation de sa population. Lors de la destruction de la partie sud, ceux qui s’y trouvaient, comme la majorité de ses habitants, se sont réinstallés dans la partie nord.

Commerces oui, mais aussi possibilité d’autonomie pour les personnes qui ont un peu d’argent, pour ne pas dépendre entièrement de la soupe populaire, logement pour les gens qui y travaillent, espace de rencontre, et puis on partage toujours la nourriture avec les amis dans la dèche et ces commerces aident aussi des gens à vivre.

C’est ça qui est promis à la destruction aujourd’hui.

 

Hannah-jungle-street légerUne rue du bidonville, par Hannah Kirmes-Daly.