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Il y aura à la rentrée plus de 10 000 exilé-e-s à Calais sur le site qui comprend le bidonville et les deux structures semi-fermées mises en place par l’État, le camp de containers (1500 places) et le centre de mise à l’abri des femmes et enfants (400 places, mais il n’est généralement plein qu’au deux tiers). Devrait s’y ajouter une structure de mise à l’abri pour des mineurs isolés, de 72 places (il y a 670 mineurs isolés sur le site). Donc plus de 8000 personnes habitant le bidonville.

La population devrait encore augmenter pendant une partie de l’automne, avant de connaître un tassement ou une baisse pendant l’hiver. Les nouvelles arrivées en Europe se font beaucoup pour la mer, qui est peu navigable à la mauvaise saison.

C’est une entité de la taille d’une petite ville qui s’est installée là par la volonté des autorités étatiques et municipales. Rappelons que c’est sous la pression de la police nationale que les exilé-e-s qui habitaient différents squats et campements dispersés dans et autour de la ville sont venus sur ce terrain inhospitalier en mars et avril 2015, avant d’expulser les dernières personnes qui n’avaient pas « déménagé » en juin et septembre 2015. Terrain qui jouxte le centre Jules Ferry mis à disposition par la municipalité. Le tout avec la promesse que les exilé-e-s seraient toléré-e-s là.

Le site existe donc avec cette tension entre les structures semi-fermées créées par l’État, où l’autonomie des personnes est très limitée, et le bidonville dans lequel les habitant-e-s et les associations ont créé des espaces de vie sociale malgré la précarité, un harcèlement policier constant, la violence et les destructions (voir ici et ).

L’État annonce depuis le début de l’année la destruction du bidonville (le président de la république a parlé de « nettoyage »), sans préciser ce que vont devenir les personnes qui l’habitent, semblant considérer que tout peut disparaître d’un moment à l’autre. On nage en fait dans l’hypocrisie la plus complète, puisque le conseil régional a cédé le site au Conservatoire de l’espace littoral et des espaces lacustres le 1er décembre, lequel Conservatoire en a confié la gestion à la préfecture pour l’accueil des exilé-e-s le 3 décembre, ce pour une durée de 6 ans, c’est-à-dire jusqu’à décembre 2021 (voir le considérant 6 page 3 du jugement du tribunal administratif de Lille).

Il est donc clair pour les autorités que la situation va durer. Ce qui est par contre invisible, c’est le début d’une vision politique. La violence et les destructions répétées ne peuvent pas en tenir lieu.

 

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