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Un rassemblement d’une trentaine de personnes a eu lieu hier devant le parc Richelieu en hommage à un exilé soudanais mort dans la nuit de lundi à mardi.

Sa mort a eu lieu à lors de heurts entre exilés à proximité de lieux de passage, qui ont également fait une quinzaine de blessés.

http://www.nordlittoral.fr/accueil/un-soudanais-decede-suite-a-une-rixe-a-proximite-de-l-a16-ia0b0n338233

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-un-mort-et-plusieurs-blesses-dans-la-ia33b48581n3692671

On peut avec prudence émettre l’hypothèse que les derniers lieux de passage gratuits (les exilé-e-s s’organisant sans passeurs), sur la rocade menant au port et sur l’autoroute, se font de plus en plus loin du port et de plus en plus près de zones de passage payantes (contrôlées par des groupes de passeurs) sur les parkings sécurisés de Marck et dans la zone industrielle Marcel Doret, et qu’il commence à y avoir des interférences entre les deux modes de passage.

https://goo.gl/maps/Jie5uoTXeru

https://goo.gl/maps/E5tZW4e3ySH2

D’autre part, il y a eu au cours de l’été une évolution démographique du bidonville, les exilé-e-s soudanais-e-s devenant le groupe le plus important (45% des habitant-e-s), alors que les Afghan-e-s l’étaient depuis des mois. Il est probable que ça entraîne des rapports de force pour rééquilibrer l’accès aux lieux de passage. En ayant à l’esprit la valeur relative des appartenances nationales pour comprendre les choses : c’est un moyen facile de classer les gens, ça n’explique pas forcément la situation de manière pertinente.

En tout cas, dans le bidonville, comme c’est le cas après chaque éruption de violence, des discussions ont eu lieu entre des personnes respectées de chaque « communauté » pour apaiser les tensions.

Il s’agit du onzième décès connu à la frontière britannique depuis le début de l’année. Le 10 février, le corps d’un exilé afghan disparu depuis plusieurs jours a été retrouvé dans le port. Le 2 mars, un exilé soudanais a été retrouvé mort dans sa tente dans le bidonville. Le 31 mars, un exilé afghan est mort sur l’autoroute, renversé par un camion qui ne s’est pas arrêté. Le 1er avril, des bénévoles britanniques ont annoncé la mort d’un exilé qui vivait dans le campement de Grande-Synthe. Il avait réussi à passer la frontière sur les essieux d’un camion, qui a eu un accident au Royaume-uni. Le 9 mai, un exilé pakistanais est mort sur la rocade d’accès au port, renversé par une voiture. Le 29 mai, un exilé afghan est mort sur l’autoroute A 16, renversé par un camion. Le 4 juillet, un exilé est mort sur la rocade. Dans la nuit du 11 au 12 juillet, Samrawit est morte renversée par un camion qui ne s’est pas arrêté, sur la rocade, alors qu’elle était bloquée à Calais suite à l’expulsion le matin même du campement de Steenvoorde (voir ici et ). Le 21 juillet, le corps d’un exilé a été retrouvé au bord de l’autoroute. Le 26 juillet, un exilé est mort d’un coup de couteau dans le bidonville. Le 27 juillet, un exilé est mort sur la rocade portuaire heurté par un véhicule dont le conducteur ou la conductrice ne s’est pas arrêté-e.