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La rentrée se fait concernant Calais sur une annonce du syndicat Alliance Police Nationale relayée par Le Figaro : il y a 10 000 « migrants » à Calais.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/08/28/01016-20160828ARTFIG00122-calais-le-seuil-des-10000-migrants-franchi.php

http://www.alliancepn.fr/media/jean-claude-delage-nous-ne-sommes-pas-les-gardes-barriere-des-anglais-14764

Ce chiffre n’a rien a priori d’extraordinaire, il rejoint celui du dernier recensement fait par les associations. Mais il est très supérieur à celui donné par la préfecture du Pas-de-Calais (6 900 personnes), qui est en principe basé sur les comptages… de la police.

En clair, soit Alliance bluffe et jette ce chiffre en l’air pour dramatiser son annonce de rentrée. Soit Alliance pense que les recensements faits par les associations sont plus fiables que ceux de la police. Soit les comptages de la police sont convergents avec ceux des associations, et la préfecture dissimule la réalité et ment intentionnellement.

En dehors de ce pavé lancé dans les querelles de chiffres, le syndicat majoritaire de la police nationale reprend les positions de la droite politique concernant la question des exilé-e-s à Calais : destruction du bidonville et remise en cause des accords du Touquet. Et il s’agit bien d’annonces de rentrée qui précèdent les élections présidentielle et législatives, qui renvoient à la relation complexe entre syndicats policiers et pouvoirs politiques.

Mais détruire le bidonville pour faire disparaître ce qui est visible, et renégocier les accords franco-britanniques de gestion de la frontière pour déplacer le « problème » sur le territoire voisin n’est qu’un boniment de campagne à l’heure où on promet qu’on va raser gratis et faire disparaître tous les problèmes.

Les deux questions auxquelles répondre est que deviennent les personnes – qui ne vont pas disparaître même si les autorités détruisent pour la énième fois leurs habitations – et comment gérer cette frontière – ce qui suppose effectivement une discussion, peut-être houleuse avec l’État voisin ?

Par rapport à ces deux questions, le gouvernement s’est enfermé lui-même, niant la réalité quant à la situation réelle et au nombre de personnes, et fermant d’emblée la porte à toute évolution du statu quo concernant les accords franco-britanniques, malgré l’opportunité qu’ouvrait le vote pour le brexit. Et il ne lui reste que peu de mois pour changer de cap et montrer sa capacité à mettre en place des solutions viables.

 

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