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Contrairement à certains clichés, la question n’est pas de savoir si les policiers sont globalement racistes ou enclins à la violence. Ce sont des gens, peut-être parce que motivés pour la loi l’ordre, peut-être parce que la police est l’un des rares corps de fonctionnaires à recruter, qui ont choisi ce métier. Et par rapport à une situation d’absurdité et de violence comme celle de Calais, comment on la rend assumable pour tout un chacun, comment on arme psychologiquement des personnes à en être les acteurs.

Un tract du syndicat UNSA police, proche du gouvernement, apporte des éléments de réponse, entre autres pour savoir qui participe à cet armement des esprit – ici le syndicat.

Vous pouvez télécharger ce tract ici.

Le titre, « Carnet de notes », et la page de garde, reproduisant les motifs des carreaux d’un cahier de classe, le présente comme l’outil des savoirs et des connaissances élémentaires concernant la question abordée, « Calais ».

« La jungle de Calais, ses migrants par milliers, ses espaces d’occupations sauvages, ses incendies et ses meurtres sont pratiquement devenus une particularité culturelle du Pas-de-Calais. »

Le premier paragraphe plante donc le décor.

Suivent trois alinéas suivis d’un carte, sensés expliquer le contexte (« Si vous avez loupé les précédents épisodes… »). En fait, rien n’explique qui sont les personnes en exilé qui se retrouvent bloquées à Calais, les raisons de cette situation, les raison de leur départ et de leur parcours. Sont évoqués les causes de la fermeture du Centre de Sangatte (« Le désordre public est constant »), le choix des exilé-e-s de vivre sur un site classé SEVESO (alors que c’est l’État qui les a contraints a quitter les squats et campements qui existaient alors pour venir sur ce terrain inhospitalier), le camp de Grande-Synthe a été créé par Médecins Sans Frontières et la mairie de Calais (sic : « l’organisation Médecins sans Frontières, contre l’avis de l’Etat, mais avec l’aide de la municipalité de Calais, a installé sur ses fonds un nouveau camp à la Grande Synthe »).

L’État n’est pour rien dans la situation, en sont responsables les exilé-e-s, les associations, la mairie de Calais.

Suit la description de l’action de « l’ennemi », soient les tentatives de passage sur l’autoroute et la rocade d’accès au port. Qui mieux que la police sait que ces tentatives correspondent aux derniers espaces restant aux exilé-e-s n’ayant pas les moyens de payer des passeurs, et que les tarifs de ceux-ci ont été multipliés par dix depuis que les contrôles ont été renforcés autour du Tunnel sous la Manche et du port, et que les bouchons ont quasi disparu sur leurs voies d’accès.

À la fin de ce discours purement politicien, une série de revendication servent de caution à l’identité syndicale de l’organisation auteure du tract.

 

pierrot-le-fou