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Les exilé-e-s ont connu un été de violence à Paris : expulsion sur expulsion de campements, sans relogement, mais avec arrestations et brutalité accrue (voir ici et ). Parfois aussi des rafles sans destruction du campement, comme le 6 septembre avenue de Flandres. Conséquence, une dispersion beaucoup plus grande des exilé-e-s dans l’agglomération parisienne.

À défaut d’humanité, l’annonce d’un camp humanitaire est relancée à la rentrée. Six mois d’annonce pour masquer la brutalité du quotidien.

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/09/06/paris-ouvre-une-bulle-d-accueil-de-court-sejour-pour-les-migrants_4993195_1654200.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/exclusif-paris-franceinfo-a-visite-l-un-des-futurs-camps-de-refugies_1810929.html

À lire les médias, on ne sait plus trop bien de combien de places est ce camp, ça pourrait être 400, qui pourraient être portées à 600, à moins que ce ne soit « jusqu’à 800 personnes ».

Première question, les expulsions concernant de manière constante depuis un an plusieurs centaines de personnes, combien de temps faudra-t-il pour que le camp soit plein ?

Deuxième question : le système d’accueil des demandeurs d’asile est engorgé, et les nouvelles places ouvertes ne suffisent à résorber le retard; le système d’hébergement d’urgence de droit commun est saturé; le gouvernement ayant annoncé la création de 2000 places de CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation, ou centres de répit – voir ici, ici, ici et ) d’ici la fin de l’année, qu’il faudra partager avec Calais, où la destruction du bidonville est annoncée (8000 personnes à reloger) et avec Grande-Synthe; la durée maximale de séjour prévue dans le futur camp de Paris étant de 10 jours : en combien de temps le dispositif sera-t-il engorgé ?

On aurait pu demander aux autorités allemandes si elles pensaient qu’un camp de 400, voire 800 places, leur semblait suffisant pour une agglomération de 8 millions d’habitants.

Comme on peut se demander si ce camp parisien tant annoncé n’est pas d’abord un outil de communication (le camp de réfugié comme signe de l’accueil des réfugiés) plutôt que destiné à accueillir réellement les gens.