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C’est encore Le Figaro qui est à l’initiative de la médiatisation sur le projet de destruction du bidonville de Calais en dévoilant les plans du gouvernement en matière de « relogement ».

Donc, les préfets doivent ouvrir 12 000 places dans presque toute la France d’ici la fin de l’année, de manière concentrée (des structures de 100 à 300 places), baptisées « Centres d’Accueil et d’Orientation » (CAO – voir ici, ici, ici et ). On remarque au passage que l’État s’aligne enfin sur les chiffres des associations et anticipe une hausse du nombre de personnes présentes à Calais d’ici à l’expulsion.

À un bout de la chaîne, on sait après, presque un an de fonctionnement du dispositif, que les CAO ne marchent que s’il y a une implication du tissu citoyen local pour compenser les carences de l’État en matière de qualité de l’accueil et de l’accompagnement. Globalement, le dispositif connaît 45% d’échec, c’est-à-dire de personnes qui partent des centres parce que ce qui leur y est proposé ne leur convient pas.

À l’autre bout de la chaîne, on n’aura pas des départs volontaires de personnes de personnes qui acceptent de s’éloigner de Calais pour réfléchir à leur projet migratoire, mais des rafles dans un contexte de destruction du campement. On peut donc penser que le taux de départs, comme lors des précédentes expulsions dès les premières heures et les premiers jours, sera bien plus important.

Donc au-delà de ce « relogement » en trompe-l’œil, la question reste de ce qui va se passer à Calais une fois le bidonville détruit, qu’une grande partie des personnes expulsées va y revenir, et que de nouvelles personnes vont continuer à y arriver.

Qu’est-ce que cette expulsion fera de plus que celles menées sous la direction d’Éric Besson alors ministre de l’immigration en septembre et octobre 2009 ?

Sauf de ce dire que les autorités ont la capacité techniques de mener des opérations d’expulsion, de destruction des habitations et de déplacement forcé à l’échelle de plusieurs milliers de personnes, ce qui n’est pas forcément glorieux au regard de l’histoire un titre de gloire.